Pleure ô mon pays bien-aimé – Alan Paton

Pasteur noir d’un petit village d’Afrique du Sud, sans nouvelles des siens depuis qu’ils ont quitté leur village natal pour Johannesburg, Koumalo part à leur recherche. C’est là qu’il prend conscience de la dure réalité de l’apartheid, dans cette ville où son peuple, exploité et opprimé par la minorité blanche, sombre dans la déchéance et la criminalité. Sa sœur, Gertrude, qui vit à la limite de la prostitution, se livre à des trafics d’alcool. Son frère, qui était menuisier, est devenu un homme politique important, mais que le pouvoir a corrompu. Enfin, à force de pénibles recherches, il retrouve son fils, inculpé pour un meurtre commis lors d’un cambriolage. L’exécution étant imminente, Koumalo, brisé, retourne au village, accompagné seulement de son neveu et de sa belle-fille. Fort de son expérience, il mettra tout en oeuvre pour faire renaître le village et préserver les coutumes de sa tribu.

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Pleure, ô pays bien-aimé est un hymne d’amour lancé à l’Afrique du Sud, pays où se déchirent deux races, deux cultures. A travers le témoignage de ce vieux pasteur noir, Paton expose avec objectivité tous les aspects de la ségrégation raciale. La découverte des richesses minérales en Afrique du Sud, l’industrialisation du pays et la construction de grandes villes, comme Johannesburg, ont provoqué, en même temps que l’exode rural, l’éclatement des coutumes et des tribus. Plein d’espoir devant l’essor économique de son pays, fasciné par la culture européenne, le peuple noir s’est vu en fait privé de ses biens, exploité, opprimé. En ce sens, Absalon,fils de Koumalo, est représentatif de ce peuple. Dépossédé de sa culture ancestrale, exclu d’une société instaurée par et pour la minorité blanche, seule la délinquance peut-être une issue pour lui.

Pleure, ô pays bien-aimé obtint un immense succès dans le monde entier et devint, en peu de temps, une manière de Case de l’Oncle Tom. Ecrit dans une langue poétique, le livre touche par sa simplicité, son pouvoir d’émotion, sa sentimentalité qui, inadmissible chez des Européens, correspond cependant très bien au monde noir décrit.   

    Extrait :

 » Pleure, ô pays bien-aimé, sur l’enfant qui n’est pas encore né et qui héritera de notre peur. Puisse-t-il ne pas aimer trop profondément cette terre. Puisse-t-il ne pas rire avec trop de joie lorsque l’eau coulera entre ses doigts, ne pas se taire trop gravement lorsque le couchant fera flamboyer le veld. Puisse-t-il ne pas être trop ému lorsque les oiseaux de son pays chanteront, ne pas donner trop de son cœur à une montagne, à une vallée. Car s’il donne trop, la peur lui prendra tout. »

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