Blé (Le) en herbe – Colette

Les parents de Philippe et ceux de Vinca sont depuis longtemps liés par l’amitié et cet été, comme chaque année, ils partagent pour les vacances une maison en Bretagne. Philippe et Vinca s’aiment depuis toujours mais leurs rapports sont devenus difficiles: «Toute leur enfance les a unis, l’adolescence les sépare.» Philippe rencontre par hasard une jeune femme, Mme Dalleray. Celle-ci initie bientôt l’adolescent à l’amour. Philippe se sent coupable à l’égard de Vinca, qu’il aime profondément, mais Mme Dalleray l’envoûte malgré lui par le luxe qui l’entoure et le plaisir qu’elle lui fait découvrir. Mme Dalleray quitte bientôt la région…

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Que la publication de Madame Bovary en 1857 ait soulevé une tempête ne surprend personne : l’hypocrisie bourgeoise était alors à son comble. Il est certain que Madame Bovary publié dans les années vingt n’aurait suscité aucune passion. Il en fut tout autrement du Blé en herbe  que Colette écrivit en 1922-1923, parce que le roman mettait en scène des adolescents ; un tollé accueilli cette attaque à la « pureté juvénile » de deux adolescents, amis depuis l’enfance, Phil et Vinca, respectivement 16 ans et 15 ans et demi. 

Comme pour tous ses romans publiés après la série des Claudine, Colette confia à la presse la première publication de cette nouvelle histoire. Le Matin, dont elle dirigeait toujours le service littéraire, publia normalement les quatorze premiers chapitres, non dans sa rubrique feuilleton, mais dans celle des « Contes des mille et un matins », qui avait été confié à Colette. Chaque chapitre, pour cette raison, portait un titre qui en suggérait le contenu. Mais, au reçu du quatorzième chapitre, la direction du journal s’émut : Phil, le jeune héros, était devenu l’amant de la belle Dame en blanc, femme de trente ans, éclatante et riche. Or si le onzième chapitre restait très allusif, la fin du quatorzième était quant à elle autrement plus claire. Phil allait sous nos yeux succomber à la Dame en blanc, et que penser de ce ui se passerait forcément entre lui et Vinça ? Il fallait empêcher cela. La solution adoptée fut d’une simplicité enfantine : le texte fut coupé quelques lignes avant la fin du chapitre, et parut amputé de sa conclusion logique et si délicatement écrite ; la Dame en blanc « avait hésité devant le mot amour », dernière phrase après laquelle le lecteur était renvoyé, sans autre explication, au quinzième chapitre. Mais dans celui-ci, le doute n’était plus possible : Phil commençait à comparer « les heures d’amour caché, là-bas » avec la Dame en blanc à la pure tendresse passionnée de Vinca. Les lecteurs protestèrent ; le journal décida d’interrompre la publication du feuilleton. 

Le Blé en herbe est un ouvrage non seulement plu poétique que le précédent, mais plus chargé de signification puisque empreint d’une potentialité propre à l’adolescence. Comme dans les autres romans de Colette, le début du livre est rapide et dense, les portraits bien tracés, la situation clairement définie. Très vite, le lecteur s’aperçoit qu’il s’agit d’un roman à deux personnages, Phil et Vinca, la Dame en blanc n’étant qu’un catalyseur, un instrument du destin. Quant aux parents des protagonistes, ils ne sont que des ombres.

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