Salammbô – Gustave Flaubert

Gustave Flaubert - Salammbô

La Carthage antique est assiégée par ses mercenaires, qu’elle ne peut plus payer. A leur tête, le Libyen Mâtho, épris à la folie de la belle Salammbô, prêtresse et fille d’Hamilcar, chef des troupes de Carthage. Au cours de combats acharnés, et à la faveur du vol du voile sacré de Tanit, Mâtho rencontrera la superbe vierge, mais ce ne sera que pour mieux la perdre…

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Après Madame Bovary, Flaubert laisse libre cours à sa verve épique dans ce roman auquel il travaillera durant cinq années. Mais il ne s’agira en aucun cas pour lui de se consacrer à la rédaction d’un roman historique au sens balzacien ou même romantique du terme. L’histoire ici est prétexte à un exotisme, à une véritable épopée. Salammbô n’est pas une longue fresque, mais une collection de scènes et d’instants épiques, que l’on peut aisément comparer au genre homérique. 

Une suite de tableaux guerriers et d’emportements amoureux éperdus, imprégnés d’un sens sacré que l’on ne retrouve nulle part chez Flaubert. Avec à terme, l’échec et la mort, où Salammbô rejoint Emma Bovary, comme si Flaubert, par-delà les siècles, réunissait ses deux héroïnes, toutes deux leurs rêves brisés par une époque qui les ignores. Salammbô apparaît alors comme une parenthèse aux accents mystiques dans son œuvre, mais une parenthèse qui fait le lien entre Madame Bovary et les désenchantements de L’Education sentimentale, tout en reprenant le vertige sacré et la prolixité des dieux qui animaient déjà La Tentation de saint Antoine, Salammbô, c’est encore Flaubert.

Jean Rousset nous parle de la solitude des amants :  » Salammbô est soumise de loin à l’influence de Mâtho comme la une à celle du soleil, alors que Mâtho cherche en tournant autour de Carthage et trouve son bonheur à la baigner de ses regards. Au-dessus et à l’écart des peuples qu’ils représentent et dominent de haut, ils vient solitaire entre terre et ciel, contemplés et se contemplant à travers le vide qui les sépare de tous et d’eux-mêmes. Leurs rares rencontres ne peuvent être que nocturnes et Flaubert a été obligé de dissimuler leur unique étreinte dans les ellipses et les coulisses d’un récit énigmatique. »

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