Aventures (Les) d’Arthur Gordon Pym – Edgar Allan Poe

Publiées initialement comme le récit authentique d’une expédition de navigation au pôle Sud, Les Aventures d’Arthur Gordon Pym se composent en fait de trois contes mis bout à bout. Le premier relate l’escapade maritime du jeune Pym à bord d’un petit canot à voile. L’aventure, qui faillit lui coûter la vie, n’empêche par Arthur d’embarquer clandestinement à bord du « Grampus », quelques mois plus tard. Après dix jours passés au fond d’une cale étroite et sombre, il doit faire face à une mutinerie affreusement meurtrière dont il est l’un des quatre survivants. Une terrible tempête jette bientôt les rescapés dans la plus tragique des famines ; l’un des leurs est tiré au sort, est sacrifié. Un horrible festin s’ensuit… Enfin, Arthur est recueilli par la goélette anglaise le « Jane Guy », en route pour le pôle Sud. En décembre de la même année, le cercle Arctique est franchi. Un monde de blancheur aussi invraisemblable qu’extraordinaire s’offre aux explorateurs qui vont de découvertes en découvertes : eau magique, albatros noirs apprivoisés, biches de mer, cochons aux jambes d’antilope, et surtout, le mystérieux peuple de Too Wit…

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Mais le rêve s’achève brutalement. Le pacifisme du peuple primitif n’était qu’apparence trompeuse : le « Jane Guy » est assiégé et pillé. Aucun survivant  sauf… Arthur et un compagnon. Le lecteur les quitte brusquement alors qu’ils sont embarqués sur un canot fragile, petite tache sombre et chétive sur un océan de blancheur.

Les Aventures d’Arthur Gordon Pym a souvent été considéré comme un roman d’initiation. Le long voyage de Pym, semé d’épreuves de plus en plus difficiles à surmonter et en outre, ce voyage qui dure symboliquement neuf mois, confirme tout à fait ce point de vue. Le voyage de Pym, c’est en fait le long et périlleux voyage à l’intérieure de soi-même, aventure solitaire où le bien et le mal, la peur et le salut, le blanc de la pureté et le blanc du néant se livrent une bataille sans merci.

Géographie et métaphysique, psychologie et politique se trouvent ici mêlée, Poe avoue lui-même son obsession du « mystère des mystères ».  Il évoque, dans un poème, un navire à voile, « poussé par la brise, ce souffle de Dieu ». Or c’est précisément à la voile sur un canoë que Pym touche au « mystère des mystères ».

Le voyage, chez lui, est une exploration de soi. S’il ne l’a pas inventé, c’est lui qui a le mieux répandu ce besoin de se chercher et de se suivre jusqu’au fond de soi, au risque d’y périr enseveli.

« La littérature est la plus noble des professions, la seule qui convienne à un homme. Rien ne m’en détournera jamais. Je serai littérateur toute ma vie. Je n’abandonnerai pas mes espérances pour tout l’or de la Californie. » (Edgar Poe)

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