Mystères (Les) de Paris – Eugène Sue

Dans les bas-fonds de Paris, Rodolphe, grand-duc allemand déguisé en ouvrier, s’évertue à rétablir la justice pour racheter une faute de jeunesse. Il rencontre une jeune prostituée au cœur pur, Fleur-de-Marie. Après que la Goualeuse, surnommée ainsi pour ses talents de chanteuse, lui eut raconté son enfance malheureuse, il décide de la sauver. C’est alors que de nombreux personnages qui peuplent un Paris misérable vont faire rebondir les situations et entraîner les deux héros dans  des aventures périlleuses. Tantôt Fleur-de-Marie vivra heureuse et retirée à la campagne, tantôt elle retombera aux mains de ses persécuteurs, le couple cruel et grotesque que forment le Maître d’école et la Chouette. Mais des indices vont dévoiler la véritable identité de Fleur-de-Marie, qui n’est autre que la fille de Rodolphe…

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  Eugène Sue, dandy parisien veut plaider la cause des pauvres pour montrer que les coupables sont en fait des victimes. L’incroyable délire qui a accueilli Les Mystères de Paris prouve que les descriptions du Paris des truands, certes parfois pittoresques, n’ont pas été tellement en deçà de la réalité. Ainsi l’immense courrier qu’a reçu l’auteur trahit par ses témoignages la proximité entre réalité et fiction. 

L’auteur façonne ses personnages en types et crée un univers cohérent, original et stylisé. L’histoire, simple dans son ensemble, mais compliquée, dans le détail, par de nombreux épisodes, comporte une foule de personnages colorés ; Le Chourineur, assassin repenti ; Ferraud, bourgeois avare ; Morel, ouvrier victime d’une société injuste ; Pipelet, concierge trop curieux. C’est une oeuvre à la fois conventionnelle par sa
morale – la punition ou le rachat constituent les deux seules fins possibles – et à la fois très nouvelle par ses dénonciations sociales et l’usage de l’argot.

C’est avec Les Mystères de Paris que le roman-feuilleton atteint son apogée : l’œuvre remporte un succès inimaginable. L’enthousiasme pour Les Mystères gagne les classes cultivées et même la cour ! Par le biais d’un courrier très important, les lecteurs vont participer et presque collaborer à la création du roman :  » De grâce, ne laissez pas posséder encore cette malheureuse enfant (Fleur-de-Marie) par ces misérables où votre roman sera immoral.  » 

Le roman influence aussi la réalité puisqu’un curé qui a fondé un orphelinat s’écrie :  » Toute notre ville est sous le charme de votre style enchanteur. Cela détermine les habitants à se montrer plus généreux pour notre oeuvre. Honneur à vous monsieur ! « 

Pour qualifier ce succès, Théophile Gautier dit :  » Les malades ont attendu pour mourir la fin des Mystères.  » 

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