Utopie – Thomas More

L’ouvrage est sous-titré Discours du très excellent homme Raphaël Hyhloday sur la meilleure constitution d’une
république ; ce personnage plein de science et d’expérience semble être le porte-parole de l’auteur.

Dans la première partie, il dresse un tableau fort sévère de l’Angleterre, dénonce les abus du au pouvoir, la conjuration des riches contre les pauvres, la misère des paysans, expropriés au profit des favoris du roi. 

La seconde partie s’attache à décrire un pays imaginaire, l’île de nulle part (« Nusquama ») et à étudier les mœurs de ses habitants, les Utopiens ; cette démocratie, gouvernée par le prince Utopus et fondée sur la justice entre les citoyens, « connait une brillante prospérité ». Suit l’examen minutieux d’un mode de vie standardisé : l’éducation, le mariage, le temps de travail, le vêtement, la nourriture, et jusqu’à l’architecture des maisons obéissent à des règles strictes dans ce pays où l’on ne voit ni pauvre, ni mendiant et où « quoique personne n’ait rien à soit cependant tout le monde est riche ».

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Sous le couvert d’une allégorie dans le goût de La République de Platon, More n’a-t-i pas voulu proposer un modèle de société dont quelques principes auraient pu inspirer la monarchie d’alors ? Plus qu’un autre, More avait une perception aiguë des problèmes de son époque, où la misère, le chômage, l’écroulement du monde féodale et l’incertitude religieuse sèment le trouble et le désespoir.

Cette « république étrange » dont l’auteur reconnait, non sans humour, l’absurdité de certaines pratiques, apporte néanmoins le bonheur aux hommes épargnés par l’ambition et le goût du profit puisque la propriété est supprimée, l’argent aboli et que chacun œuvre pour le bien commun. L’ouvrage ne se présente pas comme un austère traité d’économie politique ni comme une fiction désincarnée, mais bien comme une fresque colorée et ironique dans laquelle More affiche une vision prémonitoire des temps modernes.

De tous ces anticipateurs, le plus lucide fut incontestablement Thomas More, l’auteur d’Utopie. C’est au succès de ce livre que le mot a dû d’être utilisé dans le sens que nous lui donnons. 
Grand homme politique, âme sainte que l’Eglise catholique a portée sur les autels, c’était un esprit singulièrement vaste et profond, et qui, il y a quatre siècle, semble avoir prévu la plupart des grands problèmes qui se posent à l’homme moderne.   

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