Atala – François-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand - Atala

Un jeune Français, René, « poussé par des passions et des malheurs », émigre en Louisiane, où il rencontre un vieil Indien aveugle du nom de Chactas. C’est le récit de sa jeunesse fait à René qui constituera l’histoire d’Atala ou Les Amours de deux sauvages dans le désert, selon un procédé littéraire hérité du XVIIIe siècle. Après avoir été recueilli par une famille espagnole, à l’âge de vingt ans, Chactas décide de partir à la recherche des siens. Il est fait prisonnier par une tribu et condamné a mort. Une jeune indienne catholique, Atala, s’éprend de lui et l’aide à s’évader. Chactas et sa bien-aimée errent longtemps dans la forêt et jouissent des bienfaits d’une nature enchanteresse.

Ils rencontrent un missionnaire, le père Aubry, qui cherche à convertir Chactas pour l’unir religieusement à Atala. Mais celle-ci est vouée à la chasteté par un vœu que sa mère a fait à la Vierge. Déchirée entre son amour pour Chactas et le désir de rester fidèle à son vœu de sa mère, Atala choisit la mort.

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Atala fait davantage penser, dans sa forme, à un poème en prose qu’à un roman à cause de sa dimension lyrique et de sa structure divisée en récits quasiment indépendant : « Les chasseurs », « Les laboureurs », « Le drame », « Les funérailles ». Le foudroyant succès de cette œuvre, qui a fait de son auteur l’un des plus grands romantiques français, s’explique notamment par l’expression d’une sensibilité nouvelle, d’une prodigieuse récréation du monde qui mêle les sentiments humains à la nature dans une parfaite symbiose. La vision paradisiaque d’un univers où s’harmonise la vie innocente du couple avec une nature généreuse rappelle sans cesse Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre.

Cependant, Atala porte la forte empreinte de son auteur et traduit ses propres sentiments : goût de la solitude, mélancolie, exaltation de la sensibilité, sans oublier l’idée de la damnation éternelle qu’exprime une fatalité contraire au bonheur humain. Atala fait l’éloge du christianisme comme civilisateur, ouvert et consolateur. La fin tragique suggère l’horreur du péché, et la mort se fait pendant la passion.

Atala résonne comme une parabole biblique, une histoire déclamée par une voix incroyablement solennelle. Ce récit est entièrement empreint s’une grâce qui par moments va jusqu’à l’affectation. L’histoire est simple et déchirante : la passion entre deux Indiens d’Amérique à qui le destin refuse la félicité ; à la manière d’une tragédie grecque, les héros sont les jouets de la Providence.

Dans cette touchante histoire, où la force de la passion est peinte avec éloquence, Chateaubriand révélait à l’Europe un monde tout nouveau : les grands lacs et les forêts vierges de l’Amérique du Nord, le contraste de la vie sauvage et de la vie civilisée; donnèrent à son roman une perspective lointaine qui en augmenta l’intérêt. 

Ce livre est une splendeur de style. Il annonce le romantisme sans demi-mesure. Les phrases coulent au point que cette lecture est d’un agrément exquis.

Chateaubriant a dit lui-même : « C’est de la publication d’Atala que date le bruit que j’ai fait dans le monde. »

Bernardin de Saint-Pierre s’écrie à la lecture d’Atala : « Je n’ai qu’un tout petit pinceau, Monsieur de Chateaubriant a une brosse… »

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