Baron (Le) perché – Italo Calvino

En 1767, Côme, douze ans, ayant refusé de manger des escargots à la table familiale, s’installe dans les arbres. Le Baron, son père, l’Abbé Fauchelafleur, son précepteur et bien d’autres tentent de l’en faire descendre. En vain… Au fil des ans, cet excentrique, nullement misanthrope, se forge un mode de vie fort acceptable. Il attire la sympathie des villageois en leur signalant les feux de forêts et les loups, se livre à des lectures encyclopédiques, écrit un projet de constitution, poursuit une aventure galante avec une amie d’enfance, assiste à l’enlèvement de son oncle, reçoit la visite de Napoléon…

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C’est le livre qui donne à Calvino, jusqu’alors auteur de nouvelles néo-réalistes le goût du roman. Les années 1950 lui inspire cette fable ou ce conte philosophique burlesque, qui masque une réflexion sur la participation de l’homme à l’histoire et sur la place de l’intellectuel dans  la société.

Au fil des années suivrons-nous l’existence imaginaire et poétique de ce doux excentrique, peuplée de rencontres et de péripéties extravagantes, toujours perchée entre rêve et réalité. 

On voit dans ce livre une critique de la société. Le Baron n’a pas son pareil pour pointer ça et là les dysfonctionnement de la société. Le Baron prend de la hauteur et invente une société nouvelle avec ses propres règles.

Italo Calvino - Le Baron perché

L’écrivain met dans ce court chef-d’oeuvre ses nostalgies, ses doutes et quelques-unes de ses certitudes, a savoir  » qu’être vraiment avec les autres consiste à imposer obstinément aux autres et à soi-même cette solitude de chaque heure qui est la vocation du poète, de l’explorateur, du révolutionnaire. « 

 N’y-a-t-il pas quelque chose de Don Quichotte et de Robinso dans ce héros, cet enfant qui se révolte contre l’autorité paternelle, se réfugie dans les arbres et décide un jour de ne plus jamais en redescendre ? 

Philosophe, amoureux de la nature, amoureux tout court, il reste en prise avec l’histoire de son pays, l’histoire du monde même.

L’allégorie de l’observateur à la fois détaché des hommes et mêlé à leurs problèmes et à leurs espoirs est évidente et permet à Calvino une subtile méditation sur les déceptions qu’inflige l’histoire à un esprit existant. 

Cette situation toute particulière permet également à Italo Calvino d’employer à fond les inépuisables réserves de son humour. 

Un livre magnifique servi par une écriture sublime propre à Italo Calvino. Son écriture est reconnaissable entre toutes. Elle est unique, sensible, plaisante et envoûtante. L’imagination d’Italo Calvino est également particulière, originale et singulière. Il invente des situations irréalistes et les développe avec un réalisme et une logique implacables.

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