Schtroumpfs (Les) – Peyo

La scène se déroule en septembre 1957 à Saint-Idesbald. Jeune parents, Pierre Culliford, dit Peyo, André Franquin et leurs épouses respectives ont loué ensemble une villa dans cette petite station balnéaire de la Côte belge.

Au cours d’un repas, Pierre cherche la salière, l’aperçoit en bout,  de table, veut la demander à André mais le mot lui reste sur le bout de la langue :  » André passe-moi la… allez, le… schtroumpf, là près de toi ! « 

Le mot fait mouche, et Peyo racontera sa naissance des centaines de fois dans sa carrière.
 » Pourquoi ai-je dit schtroumpf ? Ca je suis incapable de le dire, avouera-t-il. Toujours est-il qu’André m’a répondu :  » Tiens, voilà ton schtroumpf !  » Et je lui ai répliqué :  » Merci de me l’avoir schtroumpfé, quand je n’en aurai plus besoin, je te le reschtroumpferai « , et ainsi de suite…  » Ce déjeuner  » schtroumpf  » restera un grand moment de rigolade de leurs vacances.

Quelques mois plus tard, débute dans Spirou la neuvième aventure de Johan et Pirlouit, intitulée la flûte à six trous.
Peyo, pétri de culture populaire, imagine une histoire de flûte enchantée : Pirlouit tombe sur une flûte qui a le pouvoir de faire danser les gens jusqu’à épuisement. 
Mais qui a donc créé cette flûte magique ?

Peyo songe d’abord à un enchanteur ou a une sorcière. Et puis l’inspiration a surgi : pourquoi ne serait-ce pas un farfadet, un de ces petits êtres dont on sait qu’ils vivent la nuit, mais que l’on voit très rarement ? 

Pour créé ce farfadet, il a une réminiscence. A 17 ans, pendant l’été 1945, il a travaillé comme gouacheur dans un petit studio de dessin animé à Bruxelles. Parmi les projets de films du studio, l’un s’intitule Le cadeau de la fée et met en scène des petit lutins coiffés d’une corolle de fleur renversée. La CBA fera faillite, le dessin animé ne sera jamais réalisé, mais ces personnages resteront gravés dans la mémoire du jeune Culliford.

Les lutins qu’il imagine pour La flûte à six trous ont troqué leur corolle de fleur contre une espèce de bonnet phrygien d’un blanc immaculé… Reste à leur trouver un nom. Peyo a un
déclic : pourquoi ne pas utilisé ce  » schtroumpf  » qui les a tant amusés, Franquin et lui, l’été dernier ? Et tant qu’a faire, les Schtroumps parleront leur propre langage : le schtroumpf !

Après avoir joué à cache-cache avec Johan et Pirlouit pendant de nombreuse semaines de prépublication de La flûte dans Spirou, les Schtroumpfs sont enfin dévoilé à la planche 37 le 23 octobre 1958, soit plus de 5 mois après le début de cet épisode dans le journal.

Les Schtroumpfs sont haut comme trois pommes, ils ont chacun 100 ans et ont un chef, le Grand Schtroumpf, âgé lui de 542 ans. Quand à leur couleur de peau, elle résulte d’une réflexion de l’épouse de Peyo, Nine Culliford, sa coloriste attitrée :  » J’ai procédé par élimination. Comme, au départ, les Schtroumpfs se dissimulent tout le temps dans les feuillages, je ne pouvais pas les faire verts, ils se seraient noyés dans le décor !

Les Schtroumpfs

En rouge, ils auraient été trop voyants…
Et en jaune vif, ce n’était pas très heureux. Restait donc le bleu, ce n’était pas compliqué !  » Quand à la couleur rose, elle était exclue d’office : pour Peyo, il est clair que les Schtroumpf ne sont pas des créatures humaines…

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