A Chacun sa vérité – Luigi Pirandello

Luigi Pirandello - A Chacun sa vérité

La vie tranquille de Valdena, chef-lieu de province, est perturbée par l’étrange comportement de nouveaux arrivants. Mma Frola, sa fille et son gendre, Mme et M. Ponza. Mme Frola vit séparée de sa fille sans avoir le droit de la voir. Pourquoi cette distance entre les deux femmes ? Les explications les plus extravagantes sont proposées par les notables de la ville qui, réunis chez M. Agazzi, tente de découvrir le secret de Mme Ponza. Mme Frola et M. Ponza donne successivement leur version des faits et s’accusent mutuellement d’être fous. Ces révélations contradictoires excitent l’assistance, d’autant plus intriguée qu’aucune preuve matérielle ne vient éclaircir l’affaire : l’un des deux personnages ment, mais lequel ? Intervenant tout au long de l’ « enquête », Laudisi (le frère de Mme Agazzi) tente, avec humour, d’empêcher cette ridicule accumulation de soupçons en démontrant que la vérité n’est autre que celle que chacun veux bien voir. L’apparition finale de la mystérieuse Mme Ponza, couverte de voiles, ne satisfait personne déclarant : « La seule vérité est celle-ci : Je suis la fille de Mme Frola… et la seconde femme de M. Ponza ; et pour moi, personne, personne… Pour moi, je suis celle que l’on veut que je sois.  » Dans ce  » dénouement  » s’exprime les idées les plus poignantes de l’écrivain : la solitude humaine et l’impossibilité de communiquer avec les êtres.

Dans cette « parabole sur la valeur de la vérité », Pirandello prend le parti de l’ironie pour montrer que celle-ci est purement relative. Malgré un ton léger et rythmé, il réussi à rendre l’atmosphère pesante voire obsédante. C’est en fait le personnage de Laudisi, causeur intelligent et porte-parole de l’auteur, qui met en valeur le ridicule de la situation.

Mais au-delà d’une simple caricature de la bourgeoisie provinciale, il faut voir dans cette pièce l’expression des idées les plus poignantes de l’auteur : la conviction que les hommes sont seuls et qu’il est impossible de communiquer avec les autres. Lors d’une conférence donnée à Bueno Air, l’auteur a donné une clé du drame qui se cache dans la pièce :  » Voici un rêve : j’ai vu dan ce rêve une cour profonde et sans issue et c’est de cette image effrayante qu’est né Chacun sa vérité.

On peut remarquer le peu d’émotion suscitée par les personnages de M. Ponza et de Mme Frola, pourtant « persécutés » par les notable de la ville. En revanche le personnage de Laudisi donne toute sa force à la critique :  » On l’a souvent pris pour un raisonneur sarcastique, au rire sardonique, on a eu tort : son satanisme est uniquement dirigé contre la bêtise de ses pairs qui ont l’unanimité et la force publique pour eux. Il leur prêche compréhension et indulgence. En vain. Il cherche alors à ébranler leurs préjugés. Toujours en vain. Il finit par éclater de rire. Non sans amertume. Il rit pour ne pas pleurer. Quelle dérision que tous ces petits  » roseaux pensants  » !

Le succès de Chacun sa vérité fut considérable dans le public, mais la critique ne fut pas unanime. Ainsi Paul Souday a-t-il jugé que  » l’anecdote était mal choisie, les artifices vaudevillesques, les contingences exceptionnelles « , que l’auteur était en fait qu’un simple fumiste. Mais d’autres ne cachèrent pas leur admiration, tel Antoine, pour qui l’œuvre de Pirandello » ne se rattache en rien à notre théâtre : elle n’est ni une étude de caractère ni une anecdote romanesque. Le Maitre italien nous apporte vraiment autre chose, et c’est la raison du succès foudroyant de ses deux œuvres déjà applaudies chez nous.

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Luigi Pirandello - A Chacun sa vérité

Luigi Pirandello s’amuse avec ce thème de la médisance. La curiosité est au cœur de l’affaire et le colportage de cancans donne toute sa mesure à cette pièce drôle et acide.

Pourquoi Ponza interdit-il à sa femme de sortir et ne l’autorise-t-il à voir sa mère qu’à la fenêtre ? Qui, de la belle-mère ou du gendre, a inventé cette histoire de fille décédée ? Lequel des deux est fou ? Ou se trouve la vérité ?

Luigi Pirandello - A Chacun sa vérité

Mais que pouvons nous savoir vraiment des autres ? Les apparences sont souvent trompeuse et notre interprétation des signes extérieures ne sont pas toujours à la hauteur des personnages que l’on veut comprendre. 

Cette pièce n’a pas pris une ride. Avons nous encore le droit d’avoir une vie privée ? De devoir rendre à chaque instant des comptes sur notre vie, notre comportement ? 

Le personnage principale de cette pièce est la vérité. La question est posée : qu’est-ce que la vérité ? Y a t-il une seule vérité ou avons nous chacun notre vérité ?

Luigi Pirandello - A Chacun sa vérité

EXTRAIT

Laudisi

Se renseigner ? Mais que pouvons-nous savoir réellement des autres ? Ce qu’ils sont… comment ils sont… ce qu’ils font… pourquoi ils le font

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