Avant Adam – Jack London

Le narrateur de cette histoire est un homme du vingtième siècle qui possède une faculté étonnante ; lorsqu’il rêve, il revoit la vie de ses très lointains ancêtres, le héros de notre histoire.

Chassé du nid par un mâle dominant, contraint à l’exil, tantôt chasseur, tantôt gibier, dormant au plus haut des arbres ou dans des failles rocheuses inaccessibles aux grands fauves, amoureux et découvrant l’amitié, l’exil, le froid et la loi du clan, le gamin du Paléolithique ignore les projet mais s’amuse pourtant. Un jour à la fois. Courir pour ne pas être massacré par Œil-Rouge ou les hommes du feu…

Il peut ainsi nous raconter avec notre langage et nos acquis du vingtième siècle le quotidien de nos ancêtres qui ne possédaient pas encore de langage propre. Le héros est un jeune garçon plus tout à fait singe, mais pas encore entièrement un homme.  

Nous allons à la rencontre de ces hommes via les rêves de notre héros et nous plonger dans ce monde impitoyable qu’est celui des premiers hommes. Nous allons assister à la naissance de l’invention du feu, des silex ainsi qu’à la domestication du cheval ou du chien. Des prémisses d’inventions commencent à surgir comme l’utilisation d’un récipient pour porter de l’eau ou la navigation à bord d’un tronc d’arbre pour échapper à ses poursuivants. 

L’action ne se déroule pas à l’ère paléolithique, mais de nos jours… Le récit est formé par la succession des cauchemars d’un enfant actuel dont on ignore l’âge, le domicile, la nationalité. Il est dû à l’irruption de sa personnalité antérieure dans le rêve, par le biais de la mémoire raciale. En bon évolutionniste, London voyait dans l’instinct un « souvenir racial ». Cet enfant narrateur, qui se considère comme « une monstruosité, un caprice de l’hérédité », n’est pas l’objet d’un phénomène de réincarnation. Il se souvient seulement d’images que ses ancêtres lui ont léguées de génération en génération, grâce à l’existence d’un « intermédiaire que Weissman désigne sous le nom de plasma germinatif chargé de conserver les souvenirs de toute l’évolution de la race. »  

Dans une correspondance avec Kempton-Wace, il écrira :  » Ceux-ci sont nos ancêtres, et leur histoire est la nôtre. Aussi sûrement qu’un jour, en nous balançant aux branche des arbres, nous sommes descendus sur le sol pour y marcher dans la position verticale, aussi surement, à une époque plus reculée encore, nous nous sommes évadés de la mer en rampant, afin de nous risquer une première fois sur la terre ferme.« 

Ce roman fut publié en 1907, quatre ans avant la guerre du feu dont il servit peut-être de modèle. Une histoire qui a fasciné Yves Coppens, paléontologue et préhistorien qui a préfacé une nouvelle édition de ce roman. Il dira :   » On ne peut s’empêcher de penser à ce que serait la richesse de son imagination aujourd’hui avec tout ce que nous connaissons désormais « .  

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