Attentat – Amélie Nothomb

Attentat

 Épiphane Otos est un monstre de laideur mais d’une grande culture. Éthel est une jeune comédienne astucieuse mais surtout d’une beauté incroyable. L’histoire est celle de l’Amour qu’Épiphane voue à Éthel. Un amour total et difficile à vivre car Ethel tombe amoureuse d’un artiste d’une grande beauté mais d’une grandeur d’âme largement inférieure d’Epiphane…

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On peut être époustouflé en voyant les vérités qui émanent de cette romancière belge.

La référence à Quasimodo et Esméralda est flagrante.
Amélie disserte sur la beauté et de ses critères.

 Quasimodo vit donc de très peu de choses – sa seule relation humaine, son amour : une jeune fille l’égalant presque par son intelligence, et tous deux constatent l’idiotie ou les absurdités qui truffent notre monde bien aimée…

Dans ce style si particulier qui n’appartient qu’à elle, avec une plume acérée, parfois très crue, Amélie Nothomb entraîne le lecteur dans une lecture effrénée qui commence à la première ligne pour ne s’arrêter qu’au point final en apothéose avec cette phrase : « Il n’y a pas d’amour impossible « .

L’histoire est amusante, comme sont les propos décalés du Quasimodo moderne, un personnage antipathique dans la vie, mais sympathique au lecteur. On lit avec intérêt, et sans se lasser, ses péripéties. La qualité majeure du livre est de parvenir à communiquer les sentiments profonds d’un homme moche, tout en étant écrit par une femme. 

On aime le cynisme de Amélie Nothomb, ses personnages originaux qui sortent toujours des sentiers battus. On aime son côté immoral, abject, ses chutes inattendues, ses confrontations morbides. Ça détend et ça se lit très vite.

En quelques 200 pages, Amélie Nothomb passe en revue des sujets comme la  » sexualité des moches « , l’hypocrisie, la littérature et ceci avec un humour, une cruauté et un génie qui n’appartient qu’a elle. 

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La description de sa laideur est savoureuse :

Extrait

Mon visage ressemble à une oreille. Il est concave avec d’absurdes boursouflures de cartilages qui, dans les meilleurs cas, correspondent à des zones où l’on attend un nez ou une arcade sourcilière, mais qui, le plus souvent, ne correspond à aucun relief facial connu. A la place des yeux, je dispose de deux boutonnières flasques qui sont toujours en train de suppurer. Le blanc de mes globes oculaires est injecté de sang, comme ceux des méchants dans la littérature maoïste. Des pupilles grisâtres y flottent, tels des poissons morts.

Ma tignasse évoque ses carpettes en acrylique qui ont l’air sales même quand on vient de les laver. Je me raserais certainement le crâne s’il n’était pas recouvert d’eczéma.

Par un geste de pitié pour mon entourage, j’ai songé à porter la barbe et la moustache. J’y ai renoncé, car cela ne m’eût pas dissimulé assez : en vérité, pour être présentable, il eût fallu que la barbe me pousse aussi sur le front et le nez.
Quant à mon expression, si c’en est une, je renvoie à
Hugo parlant du bossu de Notre-Dame :  » La grimace était son visage « .

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