Cathédrale (La) de Chartres – Le Secret perdu

La Cathédrale de Chartres - Le Secret perdu

Le fameux labyrinthe de Chartres se trouve à l’entrée de la nef, sous le portail gothique qui abrite la rosace. Il est nettement dessiné sur le pavage de la cathédrale. Ailleurs, en France, d’autres églises consacrées à
Notre-Dame possèdent des dallages identiques. Quelques-uns ont été détruits : à Reims et à Saint-Omer, les prêtres estimaient que ces labyrinthes gênaient les offices, enfants et pèlerins de passages se faisant un devoir d’en parcourir le tracé, parfois à genoux…

La Cathédrale de Chartres - Le Secret perdu

Celui de Chartres, exécuté en pierre de Senlis, mesure environ 225 m de son entrée à son centre. Car il ne s’agit pas vraiment d’un labyrinthe : il n’y a qu’une entrée, un seul chemin possible et on ne peut s’y égarer. Ce chemin converge vers le centre, après un certain nombre de détours qui frôlent ce centre pour ramener celui qui le parcourt vers la périphérie.

Quelques labyrinthes ont été célèbres au cours de l’histoire. Celui d’Héracléopolis, construit des milliers d’années avant notre ère par les pharaons, permettait d’initier les adeptes aux mystères de la religion égyptienne. Ceux de Crête sont plus connus, même s’ils sont moins importants : ce sont eux qui ont donné toute sa dimension au mythe du labyrinthe, dans la légende de Thésée, d’Ariane et du Minotaure.

A Rome, cette coutume du labyrinthe s’est poursuivie dans certains dallages, et c’est probablement cet usage, mi-ésotérique, mi-décoratif, qui a présidé au dessin de ses figures sur le sol de certaines cathédrales. Explication officielle de l’Eglise : à l’époque, ces labyrinthes représentaient le trajet de Jésus-Christ, de Jérusalem au mont du Calvaire.

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Aujourd’hui, le symbolisme alchimique étant perdu, on ne peut plus que dégager le sens générale de ces pavages mystérieux : puisqu’on ne peut s’égarer dans de tels labyrinthes, c’est que le trajet de celui qui le parcourt n’est pas libre. Il lui est imposé par une sorte de  » main courante dessinée sur le sol. Parcourir le labyrinthe revient donc à exécuter un mouvement prévu à l’avance.

Aujourd’hui le labyrinthe de Chartres est recouvert de chaises qui cachent son admirable dessin. Les derniers fidèles chrétiens ne peuvent plus refaire le trajet physique et spirituel que faisaient leurs ancêtres évêques en tête.

Comme toujours à Chartres, on retrouve la logique qui allie table ronde, table carrée et table rectangulaire. Inscrites, comme nous l’avons vu, dans les mesures même de la cathédrale, ces tables devaient se retrouver, à l’origine, sur le sol du sanctuaire. A Chartres, seul le labyrinthe, qui figure concrètement la table ronde initiale, a survécu. Dans d’autres cathédrales, notamment à Amiens, la table carrée est restée. Elle ouvre également des perspectives sur l’harmonie générale des mesures géométriques et architecturales du bâtiment. On peut supposer qu’il en était de même à Chartres.

Autres particularité de ce dallage : une pierre rectangulaire, scellée de biais par rapport aux autres dalles, de couleur blanche et marquée d’une pièce de métal reçoit un rayon de soleil par an. Pas n’importe quel rayon de soleil : celui de midi, le 21 juin, jour du solstice d’été. Cette pierre se trouve dans le bas-côté ouest du transept sud de la cathédrale et le vitrail – spécialement évidé par les bâtisseurs de la cathédrale – qui laisse passer cet unique pinceau de lumière est celui de Saint Apollainaire.

Dans quel but ? On s’interroge encore. Mais chaque année, des centaines de personnes se déplacent pour assister à ce phénomène, qui est une sorte de clin-d’œil des compagnons maçons et architectes à huit siècles de distance.

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Un clin d’œil qui, d’ailleurs, ne fait que renforcer le brouillard de mystère dont s’enveloppe cette cathédrale unique. Qui dit lumière , dit vitrail. Ceux de Chartres sont incomparables et inégalés à ce jour. Ce ne sont pas des verres teintés ordinaires. Ce sont de prodigieux amplificateurs de lumière, en même temps que diffuseurs d’une clarté particulière

Que le soleil les frappe directement ou qu’ils ne laissent passer qu’une pâle clarté d’hiver, les vitraux de Chartres resplendissent de la même manière lumineuse, à la fois discrète et chaudement colorée. Né dans la grande vague de construction des cathédrales, au début du XIIè siècle, l’art de ces vitraux semble s’être perdu vers le milieu du XIIIè siècle de la fin de la période gothique…

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Le verre de Chartres, coloré  » de l’intérieur « , est resté impossible à reproduire. Ses qualités ne sont même pas analysables. On sait que l’  » école  » des vitraux de Chartres a fourni de nombreuse autres églises, à Paris, à Sens, à Rouen ou à Bourges. Ils sont généralement signés  » Clément de Chartres « , sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agit d’un nom de personne ou de celui d’une fraternité d’ouvriers.

A Notre-Dame de Paris, un de des précieux vitraux a été détruit par un évêque du XVIIIè siècle, qui estimait qu’il ne laissait pas passer assez de lumière !

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Une abondante littérature a été consacrée à l’alchimie qui présidait à la fabrication des vitraux. Une chose est certaine : les maîtres verriers étaient, à l’époque, qualifiés de gentilhomme et ils avaient le droit de porter l’épée. Ce détail en dit long sur la  » noblesse  » que pouvait conférer l’art de travailler la pâte de verre et d’y inclure autant de lumineuse beauté. En tout cas, il est aujourd’hui délicat de traiter des symboles alchimiques représentés par les vitraux de Chartres : un grand nombre d’entre-eux ont été détruit, entre 1773 et 1778, par Bridan, un évêque qui voulait qu’on l’admire en pleine lumière !

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Pour Fulcanelli, l’auteur du Mystère des Cathédrales, les rosaces des sanctuaires gothiques n’en ont pas moins une signification alchimique très précise :
 » La rose représente à elle seule l’action du feu de sa durée. C’est pourquoi les décorateurs médiévaux ont cherché à traduire, dans leurs rosaces, les mouvements de la matière excitée par le feu élémentaire, ainsi qu’on peut le remarquer sur le portail nord de la cathédrale de Chartres « 

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Les trois rosaces de Chartres présentent une particularité rare : les vitraux sont insérés dans des pierres évidées, et non, comme dans presque toutes les autres cathédrales dans des pierres ajustées. On imagine la minutie du travail exigée par la sculpture de ces pierres. Dans quel but ? Personne ne peut le dire…

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Tous les personnages représentés sur les vitraux étaient figurés là pour  » parler  » aux initiés comme au peuple. Tous donnent lieu à deux interprétations possible ( symbole pour qui sait  » lire  » ).
Ainsi, attention aux pieds en équerre des deux chevaliers qui abrités derrière un même écu, montent la garde devant le transept sud-est.
Attention au livre fermé que tient le Christ de la porte centrale : il a les proportions exactes du Nombre d’or. Attention, aussi, au saint Jean de cette même porte : le livre qu’il tient a les proportions du rectangles sacré du chœur : 2 à 1 !

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Quelques sculptures ont également des correspondances ésotériques ou alchimiques évidentes. Sur la tour sud, on voit un âne tenant un instrument de musique, probablement une cithare. Curieusement, dans l’ancienne Egypte, on représentait parfois ce type d’allégorie. On en ignore encore le sens.

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Sur la même tour, une autre sculpture attire l’attention : malheureusement très abîmée, elle représente une truie en train de filer la laine. On a pu voir là une allusion aux anciens druides et à leur enseignement : la truie serait là pour figurer le sanglier, un animal sacré chez les Gaulois…

Une fois de plus, on retrouve l’Egypte ( nous avons vu comment les proportions de Chartres étaient liées à celles de la grande pyramide de Khéops  et le culte druidique, sur lequel le pèlerinage de Chartres est directement appuyé…

Toute la cathédrale sait parler à qui veut l’entendre et la questionner. Comme l’écrit Louis Charpentier dans ses Mystères de la Cathédrale de Chartres :
 » Pendant tout son voyage, l’homme qui pénétrait dans la cathédrale était baigné d’effluves telluriques, sonores, visuels, lumineux dans lesquels les effets magiques du rite devaient donner une ampleur et une puissance extraordinaires, et l’homme devait s’en trouver profondément. Même actuellement, nul ne peut se vanter de sortir de la cathédrale de Chartes identique à ce qu’il était avant d’y pénétrer. « 

Fait stupéfiant, rarement noté dans les guides touristiques consacrés à la cathédrale : il n’existe quasiment pas de sculptures à l’intérieur du monument ! La décoration semble avoir été réservée à l’extérieur. Mais, même à l’extérieur, on ne trouve pratiquement pas de scène de crucifixion : sur les scènes sculptées de la vie de Jésus, on passe directement du baiser de judas à la mise au tombeau. Ailleurs, dans toute la cathédrale, aucune scène contemporaine de la construction ne montre le Christ en croix…

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Pourquoi ? Nous avons vu que les Templiers étaient mêlés de très près à l’érection de Chartres et de quelques autres cathédrales, qui présentent très souvent cette particularité d’ignorer, dans leurs parties originelles, la crucifixion. De quoi ont été accusés, entre autres, les Templiers ? De renier… le crucifié ! De même, les cathares reniaient la divinité de l’homme supplicié sur la croix par Ponce Pilate. Et on trouve souvent les cathares et les Templiers embarqués dans une même aventure à la fois historique, religieuse et magique.

On ne peut que se poser la question : les Templiers auraient-ils trouvé en Terre Sainte, des documents compromettants pour la doctrine officielle de l’Eglise sur la personnalité de Jésus-Christ ?
Y aurait-il un  » mortel secret »  des Templiers ?
Documents à l’appui, plusieurs auteurs l’ont soutenu.
L’absence du Christ en croix dans les parties du XIIe et XIIIe siècle à Chartres a de quoi conforter la thèse de ces auteurs.

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De même, il n’existe aucune sépulture dans la cathédrale de Chartres qui semble bénéficier d’un privilège unique au monde : son sous-sol n’a pas été contaminé par un cadavre, même d’évêque ou de personnage imminent. La cathédrale renferme bien un tombeau : il est vide !
saint Caletric, ancien évêque de Chartres a bien reposé dans ce sarcophage de pierre, mais celui-ci était vide quand il a été placé dans une chapelle de la crypte.

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Et puis, il y a… les miracles de la cathédrale de Chartres. Nous avons vu que l’eau du puits celtique était très réputée pour ses vertus médicales.
Les reliques du trésors dont la chemise de la Vierge, n’ont pas cessé, du Moyen âge au XXe siècle, d’accomplir des  » miracles en faveur de ceux qui ont la dévotion de passer en dessous en payant « .
Une tradition médiévale relative à cette chemise veut que  » ceux qui portent sur eux la figure d’icelle sont à l’abri de tout danger « .
En 1870, des soldats pieux partiront au front avec une médaille frappée du dessin de la relique.

En 1360, Notre-Dame de Chartres est intervenue pour sauver la cité et ses habitants. Cette année-là, Edouard III, roi d’Angleterre prétendant au trône de France assiège Chartres. Un matin, dans un beau ciel bleu, éclate un orage de grêle qui tue hommes et chevaux. Pour faire cesser la cataclysme, Edouard supplie la Vierge et lui promet d’accorder la paix au roi de France. La grêle cesse aussitôt…

En 1568, pendant les premiers combats des guerres de religion, les protestants attaquent la ville. Une statue  de la Vierge placée à une porte de l’enceinte dévie les balles et les boulets, ce qui met les huguenots en fuite. Nouveau miracle !

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En fait, de tout temps, Chartres semble avoir été épargnée par les tourments de l’histoire des hommes. Même la révolution se brisera sur ses murs, non sans abîmer quelques statues, bien entendu… Les catastrophes naturelles épargneront également le sanctuaire.

S’il est des lieux ou souffle l’esprit, Chartres s’impose comme une  référence. Depuis des milliers d’années, les hommes y viennent chercher un réconfort spirituel ou physique. La cathédrale n’a pourtant pas encore livré tous ses secrets : on murmure que, sous les tours, existent bien des cryptes secrètes, où pourrait se cacher des trésors. Non de l’or, mais de la sagesse !
Des trésors comme l’humanité n’en a pas trouvé depuis plusieurs siècles.
Peut-être depuis la construction de Chartres…

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                                                                      Extrait de  » Inexpliqué  » 1981

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