Glozel – La grande aventure de l’écriture

Glozel - Le commencement de l'écriture

Plusieurs décennies après la découverte des fameuses tables couvertes d’écriture de Glozel, on ne sait toujours pas comment les interpréter.
Puisque Glozel est  » vrai  » et abondamment prouvé dans les laboratoires les mieux équipés par la datation archéologique, il conviendrait maintenant de situer la portée historique des vestiges retrouvés.

Auparavant, il serait utile de savoir si les signes qui ornent les céramiques de Glozel sont bien ceux d’une écriture… On a relevé environ 11 signes distincts ( sans compter leurs variantes ) sur les poteries et les tablettes de Glozel. Cet ensemble formes-t-il pour autant un alphabet ?

L’histoire a recensé près de 400 écritures connues. On admet généralement qu’une écriture est un ensemble de dessins précis, qui ont pour but de communiquer un message à quelqu’un, qu’il soit présent ou à venir.

Glozel - La grande aventure de l'écriture

On estime que l’écriture a dû commencer par être une série de dessins figuratifs, dont le meilleur exemple pourrait être les peintures rupestres laissées par les artistes du Paléolithique. Ensuite, l’écriture est devenue symbolique ou  » pictographique  » : chaque dessin correspondait plus qu’à un objet précis, qui demeurait cependant concret. Il ne restait plus aux hommes qu’à délaisser l’aspect figuratif des dessins pictographiques pour adopter des  » idéogrammes « , chaque signe ne représentant plus un objet précis et concret, mais une idée, un concept beaucoup plus général.
Exemple type de  ces idéogrammes : les hiéroglyphes égyptiens. Bien entendu, le nombre de signe à connaitre était considérable, ce qui gênait passablement les échanges.

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Il fallait donc rationaliser ces écritures et réduire au minimum le nombre de signes. Les Mycéniens semblent y être parvenu les premiers. Cette tendance allait s’amplifier et favoriser l’éclosion de  » signes-sons « , qui sont à l’origine de nos alphabets modernes et dont la combinaison permet de transcrire tous les mots d’une langue.

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Le premier alphabet connu est cunéiforme : il a été retrouvé dans les fouilles de Ras-Shamra. C’est une tablette de la bibliothèque d’Ugarit, datée du XVe siècle avant notre ère. Le premier alphabet dont les lettres se rapprochent de celles que nous utilisons aurait été  » inventé  » par les Phéniciens ( qui ne notaient que les consonnes), avant d’être repris par les Grecs ( qui y ont ajouter les voyelles ) , puis par les Étrusques ( dont l’écriture n’est toujours pas déchiffrée ) et par les Romains.

Le schéma officiel de l’acquisition par les hommes de l’écriture est cependant sérieusement remis en cause par un certain nombre de découvertes préhistoriques : on a retrouvé en effet, un peu partout en Europe, des inscriptions qui semblent bien être rédigées dans des alphabets demeurés identiques à ceux de Glozel.

Glozel - La grande aventure de l'écriture

On le sait aujourd’hui : l’histoire de l’écriture ne commence certainement pas à Sumer, avec les signes cunéiformes. On a récemment retrouvé dans les Balkans, sur le site bulgare de Gradechnitcha, plusieurs tablettes d’argile recouvertes de pictogrammes complètement inconnus.
Elles ont été datées d’au moins 3 500 avant notre ère ! Par comparaison, il faut rappeler que les premières inscriptions sumériennes connues datent de 3 000 ans avant notre ère. Sur un autre site bulgare, à Karanovo, on a également retrouvé un sceau d’argile daté de la même période et, lui aussi, porteur d’une mystérieuse inscription. Ce qui laisserait entendre que l’écriture aurait commencé… en Europe de l’Est !

Il y a mieux : avant l’affaire de Glozel, plusieurs inscriptions paléolithiques ou néolithiques avaient été découvertes et pudiquement passée sous silence, quand elles n’étaient pas oubliées dans les réserves des musées régionaux. Après Glozel, les esprits se libèrent. On commence à parler
de  » proto-écritures  » préhistoriques.

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On se souvient que, en 1863, dans la grotte de la Madeleine en Dordogne, des objets ornés de  » lettres  » avaient été mis à jour. En examinant de plus près les manuels de préhistoire officiels, on y retrouve mention d’inscriptions sur des os de renne. Même les détracteurs de Glozel, comme le docteur Capitan, l’abbé Breuil ou Denis Peyrony, ont admis que ces pré-écritures avant la querelle de Glozel.

Pour le docteur Morlet, un peu emporté par son enthousiasme glozélien, le syllabaire de Glozel n’était autre que l’ancêtre de toutes les écritures méditerranéennes, et notamment des alphabets archaïques phéniciens. Ce bel enthousiasme n’est plus aujourd’hui de rigueur : il est difficile d’admettre que l’écriture ait pu être diffusée à partir d’une région de France aussi éloignée des grands courant commerciaux du monde antique.

Glozel - La grande aventure de l'écriture

Que faire alors, de tous ces ensembles graphiques, très largement antérieurs aux Phéniciens ? Dans La Civilisation égéenne, le professeur Glotz admet :  » Non seulement les Phéniciens puisèrent à la source crétoise, mais les Crétois et les Égyptiens puisèrent également à la source des écritures préhistoriques « . Dans son fameux ouvrage sur le Miracle oriental, Salomon Reinach a soutenu qu’une civilisation néolithique primitive avait pu se propager, à partir de l’Europe centrale vers l’Europe de l’Ouest et l’Orient. Cette hypothèse, longtemps délaissée, est aujourd’hui à réexaminer à la lumière des plus récentes découvertes archéologiques faites en Europe centrale.

Rien ne prouve encore que l’écriture soit effectivement née en Occident. Tout semble, malgré tout, le laisser suggérer… Même si les Glozéliens sont loin d’être les plus anciens écrivains de l’histoire humaine, certains de leurs ancêtres directs ou de leurs lointains cousins connaissaient déjà le moyen de fixer les connaissances au moyen d’alphabets étrangement semblables d’un bout à l’autre de l’Europe !

Glozel - La grande aventure de l'écriture

C’est déjà en soi, une affirmation fantastique. Elle ne résout cependant pas tous les problèmes de Glozel : comment expliquer dans un même gisement, des poteries écrites vers 2 000 avant notre ère et des os de renne, également couverts de la même écriture, datés, par contre, de près
de 10 000 ans avant notre ère ?

Une des hypothèse les plus récentes veut que Glozel ait été un centre initiatique multi-millénaire, où des hommes ont reproduit dans un but magique, des formules inlassablement recopiées depuis l’aube des temps.
Attendons les preuves pour juger de cette idée.

Glozel - La grande aventure de l'écriture

D’autres écrivains contemporains, spécialisés dans la détection tous azimuts des extra-terrestres, ont cru voir dans les vases de Glozel ( ceux qui portent des yeux sans bouche ) la représentation de cosmonautes de la préhistoire… Ces théories ne sont pas faites pour éclaircir les énigmes de ce site.

Quelle est donc la clé des mystères de Glozel ?
Comment expliquer les différence dans les datations ?
Comment intégrer Glozel dans notre appareil de connaissances sur la Préhistoire ?

                                                                        Extrait de  » Inexpliqué  » 1981

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