Knock – Jules Romains

Jules Romains - Knock

Le docteur Papalaid, depuis toujours installé dans le petit bourg de Saint-Maurice, vend son cabinet médical sans valeur à Knock, qui a passé sa thèse sur  » Les prétendus états de santé « .
Celui-ci entend appliquer à la clientèle inexistante de Papalaid
 » des méthodes entièrement nouvelles  » qui reposent sur cet axiome :
 » Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent « .

A peine installé, il convoque le pharmacien et l’instituteur qui l’aideront dans sa tâche, puis par le truchement du tambour de ville, fait annoncer une consultation gratuite pour appâter les villageois. Les visites commencent. Adroitement, Knock s’enquiert de la situation financière de ses clients afin de leur ajuster une maladie à mesure de leurs moyens. Il révèle alors tout son art, qui consiste à convaincre qu’ils sont gravement malades. Pour mieux ferrer la poisson, il se montre, dès l’abord, d’un grand désintérêt….

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Jules Romains - Knock

L’action, qui se déroule avec beaucoup d’efficacité, fait de cette pièce en trois actes une farce. C’est pourquoi, à son propos, on fait souvent allusion à Molière, qui, même dans ses grandes comédies, utilise, en les épurant, certains procédés de la farce. Le sujet, la satire des médecins fait lui aussi penser à Molière. Mais, et ceci ne se trouve pas chez ce dernier, à mesure que la pièce avance, une certaine gène se mêle au rire. L’auteur en effet, nous montre comment un homme habile peut exploiter la crédulité humaine et comment ceux qui s’enrichissent avec lui deviennent vite ses alliés. Cette exploitation de l’homme par l’homme n’est pas sans engendrer chez le spectateur une certaine angoisse.

C’est Louis Jouvet qui créa le rôle du docteur Knock , aussi bien au théâtre qu’au cinéma, après avoir joué celui de Topaze. Il avait alors 46 ans et donna au personnage une dimension exceptionnelle, par sa froideur, par sa méchanceté et son cynisme.

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EXTRAIT

Le tambour : Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me grattouille.

Knock : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?

Le tambour : Ça me grattouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi…

Knock : Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?

Le tambour : Je n’en mange jamais. Mais il me semble que si j’en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.

Jules Romains - Knock

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