Maison (Une) de poupée – Ibsen Henrik Johan

Ibsen - Une Maison de poupée

Nora Helmer est une charmante jeune femme insouciante, mariée au très protecteur Thorvald. En cette veille de Noël, elle est particulièrement heureuse. Son mari, ancien avocat, vient d’obtenir un poste important à la banque, ce qui promet un avenir financier plus facile au jeune couple et à leurs enfants. De plus, elle sera bientôt libérée de son lourd secret, qu’elle confie à son amie d’enfance Kristine Linde: alors que son mari était malade, Nora a contracté un emprunt important pour payer le voyage en Italie dont il avait besoin pour se soigner.
Tout ne se déroule pas comme prévu. Le mari a une moralité très rigide, il condamne la « criminelle » et lui signifie qu’il lui retire l’éducation de leur enfants. Elle comprend que son couple sans histoire n’en était peut-être pas un. Elle ne veut plus être mise a l’écart, n’être qu’une simple poupée vivant dans « Une maison de poupée ». Elle ne peut plus vivre avec l’étranger qui est devenu son mari et quitte le foyer. Dans l’optique d’un possible retour une fois cela accompli, elle impose une condition à son mari : « que leur vie en commun puisse devenir un mariage ».

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Ibsen avait déjà dénoncé la duperie du mariage dans une pièce en vers intitulée La Comédie de l’amour, fort mal accueillie par ses compatriotes. Il récidive avec Maison de poupée, qui eut un grand retentissement. D’après M. Prozor, premier traducteur français de l’œuvre, les théories matrimoniales d’Ibsen soulevèrent de si vives discussions qu’à Stockholm, durant une saison, les cartes d’invitations mentionnaient : « On est prié de ne pas parler de Maison de poupée. » Ibsen y exprime sa conviction intime :  » On doit toujours naviguer sous son propre pavillon. » Ce sera le choix de Nora, se libérant après huit ans de soumission ; elle sacrifie tout pour se retrouver et devenir adulte. Pour obtenir l’accord de l’actrice, dont elle admirait le talent, qui devait interpréter en Allemagne le rôle de Nora, Ibsen consentit à modifier le dénouement : dans la scène finale, l’héroïne, prise de remord, restait au foyer ; la morale était sauve ! Comme dans les Revenants, l’auteur fait évoluer l’intrigue autour d’un passé subitement dévoilé.

Cette œuvre a presque marqué une date dans l’histoire du théâtre… L’éclatant génie de l’homme s’impose chaque jour davantage, par-delà les divergences d’opinion. Même pour le spectateur indifférent, il est significatif que l’intérêt porté à ce Norvégien n’ait jamais faibli depuis un quart de siècle.

La pièce refuse l’hypocrisie, et les conventions sociales qui ont instauré une « double morale », une pour l’homme égoïste et dominateur, une pour la femme asservie, ce qui est toléré pour le premier est criminel pour la seconde. Elle développait d’ailleurs un thème secondaire qui va prendre une importance capitale par la suite, au point de constituer, peut-être, la plus profonde des intuitions ibséniennes ; c’est que notre passé nous suit, qu’il n’est point de vérité véritable tant les fantômes de la vie antérieure nous hantent, faisant parfois résurgence avec une brutalité d’un tragique fatidique.

Ibsen envoie en pleine face une véritable bombe dans les convenances sociales de son époque. C’est un grand artisan de la cause féministe qu’il convient de saluer comme il se doit et de remercier, pour cette brèche, pour cette porte, qu’à sa façon en 1879, il a essayé d’ouvrir, et qui ne trouvera la pleine ouverture qu’un siècle plus tard, avec la libération sociale des femmes dans les années 1960.

Une ambiance particulière et une tension qui monte jusqu’à nous éclater au visage au moment voulu. 

Ibsen Henrik Johan - Une Maison de poupée - Norvège


Cette pièce de théâtre. est inscrite au registre international Mémoire du monde de l’UNESCO.

Ibsen Henrik Johan - Une Maison de poupée - Norvège

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