Contes (Les) du chat perché – Marcel Aymé

Le livre commence par le conte de « La Patte du chat ». Le chat de la ferme a l’habitude de faire pleuvoir en passant sa patte derrière les oreilles, ce qui lui permet de rester bien au chaud dans la maison. Les fillettes n’hésitent pas à utiliser ce stratagème pour éviter une visite à une tante qu’elles détestent. Le chat est ainsi l’allié précieux de Delphine et Marinette contre la méchanceté de leurs parents tyranniques. « Le Loup » est un savoureux pastiche du « Petit Chaperon rouge. » Un après-midi, les deux fillettes, alors qu’elles se trouvent seules à la ferme, invitent leur ami le loup à jouer avec elles. Après avoir épuisé toutes sortes de jeux, elles demandent à leur compagnon, une bête bien gentille, de jouer au loup. Ce qui doit arriver arrive, et l’animal, emporté par son instinct, dévore les deux enfants. L’histoire finit, car les parents, en ouvrant le ventre du loup, arrivent à délivrer les fillettes. Ainsi, de nombreux animaux (le bœuf, le canard, le cochon, la paon, les vaches, les cygnes etc.) interviennent tout au long des contes et vivent avec Delphine et Marinette des aventures merveilleuses et cocasses.

Marcel Aymé abandonne dans les Contes du chat perché le ton satirique de ses autres livres, et c’est avec une grande tendresse et le regard naïf d’un éternel enfant qu’il raconte les aventures de Delphine et Marinette. Il sait marier avec habilité le merveilleux et le naturel, sans jamais tomber dans la mièvrerie qui gâte parfois les histoires pour enfants. Les deux fillettes parlent avec spontanéité et sont de « vrais » enfants ; la ferme, les champs et les parents sont bien réels. Tout le travail de l’auteur consiste alors à transformer cette réalité en irréel et en merveilleux. D’un fait bien banal, Aymé tire un événement extraordinaire, qui fait basculer la simple histoire dans le conte. Certes, une certaine cruauté n’est pas totalement absente de ces contes ; les parents sont sévères et les animaux ont parfois des vanités bien humaines, mais le tout reste malicieux et charmant.

« Les Contes du chat perché » publiés séparément avec illustrations et en deux recueils collectifs, se présentent tous nettement sous le signe du « il était une fois ». C’est ici que se fait jour avec évidence l’aspect tendre du tendre-féroce Aymé. L’homme qui critique la société, qui analyse les problèmes politiques et sociaux, joue ici avec bonheur à l’art d’être grand-père, et c’est vraiment un art, un art qu’il renouvelle. Mêlant le réalisme terrien – les travaux de la ferme, les saisons – et la fantaisie la plus échevelée, la plus faiseuse de miracle, Marcel Aymé, qui y postule souvent dans certaines échappée de ses romans, n’est plus ici, ni satiriste, ni truculent, mais tout bonnement le plus proche parent de Perrault et de Grimm qui soit encore parmi nous.

Ce qui retient tout d’abord le lecteur des Contes d chat perché, c’est ce naturel inimitable, presque miraculeux, qu’il garde dans l’irréel. La ferme des gracieuses fillettes, Marinette et Delphine, est une vrai ferme. Cette greffe adroite du récit sur le réel permet ensuite de charmants départs pour la fantaisie. Le cochon échappe à son sort, en prenant les ailes de la buse. La panthère, instruite par le canard, perd ses mauvais instincts et devient le boute-en-train de la ferme. Il est vrai que la chair appétissante du cochon la rend à sa vrai nature

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