Regain – Jean Giono

Il ne reste plus à Aubignane que Panturle, un homme simple, fort et sauvage. Gaubert, le charron, est parti en ville chez sa fille et la Mamèche, une vieille italienne un peu sorcière qui lui a promis de lui amener une femme, disparait un jour. Pendant ce temps dans la plaine, Gédémus, le vieux rémouleur, prépare sa tournée sur les collines en compagnie d’Ursule, une jeune femme qu’il a recueillie et qu’il fait trimer dur. Sur le trajet, la Mamèche parvient à détourner les voyageurs ver Aubignane. Panturle a vu Ursule ; il veut l’enlever mais manque de se noyer. Ursule le sauve avec Gédémus puis, attirée par lui, le suit.

Alors, sous l’influence de cette femme, Panturle va se civiliser. Tandis qu’Ursule, avec sa délicatesse de femme, redonne vie à la maison, Panturle va défricher les terrains abandonnés et, avec le matériel prêté par un lointain voisin, ensemencer, moissonner et enfin vendre sa superbe récolte à Banon. C’est la récompense à leurs efforts, d’autant que, cette année-là ailleurs à cause des conseils inopportuns des ingénieurs de la ville. à, la récolte est mauvaise. ce succès attire bientôt une nouvelle famille, accueillie chaleureusement par le couple. D’autres viendront. A l’automne, Ursule est enceinte. 

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Ce court roman, écrit dans un style assez abrupt qui veut reproduire les sentiments frustes et élémentaires, s’équilibre en deux parties : la première partie décrit l’abandon de ce village qui vivait selon des traditions rurales et artisanales. On y voit le personnage de Panturle, homme simple qui, dans la solitude devient une sorte de bête sauvage livrée à ses instincts. On y découvre aussi l’humble et docile Ursule, exploitée par le rémouleur et qui, au milieu de la nature ressent des frustrations et est travaillée de désirs. Leur rencontre tient à la fois du hasard et de la volonté humaine, symbolisée par la Mamèche, d’installer la vie partout où elle est possible. La deuxième partie décrit la renaissance du village grâce à ce couple fondateur.

Giono a d’abord publié des poèmes Accompagnés de la flûte et une œuvre, Naissance de l’Odyssée, qui l’a fait entrer en contact avec Gide. Les œuvres suivantes font preuve d’un lyrisme diffus exprimant son thème essentiel : le refus d’une civilisation qui n’est plus en accord avec les grandes voix de la nature, qu’on a parfois appelé gionisme.

Autodidacte fortement enraciné dans sa terre natale, ce solitaire était tout désigné pour décrire et chanter, sur un mode très personnel aux accents poétiques, l’âpre atmosphère des collines de Provence, l’abandon massif des villages par leurs habitants qu’attirait le mirage d’une vie facile à la ville et les solides valeurs de travail, de fécondité, de rigueur et de solidarité paysanne qui font de ce court roman une leçon de courage et d’optimisme.      

Il y a chez Giono la souplesse d’un langage enrichi par le patois local et par l’admirable vocabulaire des métiers au point de recréer pour le lecteur les sensations les plus subtiles. 

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