Manon Lescaut – Abbé (L’) Prévost

Issu d’une grande famille, le chevalier des Grieux est en train d’achever ses études lorsqu’il rencontre une jeune inconnue dont il s’éprend passionnément, Manon Lescaut. Les deux amants vivent cachés à Paris ; mais, cédant à l’appât du luxe, Manon répond aux avances d’un puissant fermier général. Accablé par cette trahison, le jeune chevalier par pour le séminaire. Un an plus tard, cependant, Manon le reconquiert. Les deux amants vivent d’expédients plus ou moins honnêtes et manquent chroniquement d’argent. Manon entreprend de recourir à la générosité du fermier général, faisant passer le chevalier des Grieux pour son frère. Mais l’escroquerie est découverte et les deux amants sont jetés en prison.

A peine sortis de la prison dont ils se sont échappés, Manon et le chevalier des Grieux reprennent leurs escroqueries, désormais auprès du fils du fermier général. De nouveau arrâtés, toujours par le fermier général, cette fois en connivence avec le père du chevalier, Manon et des Grieux se retrouvent en prison. Grâce à des manœuvres de son père, le chevalier est gracié, tandis que Manon doit être déportée en Louisiane avec les filles de mauvaises vie.

Toujours épris, des Grieux accompagne Manon en Louisiane. Le répit sera bref, car bientôt
un duel du chevalier avec un nouveau soupirant de Manon oblige les deux amants à fuir dans le désert où, épuisée, Manon meurt dans les bras de des Grieux.

D’abord chronique alerte des mésaventures d’un jeune chevalier et de sa frivole maitresse, dans un style très XVIIIe siècle, le récit prend un tour différent lorsque s’accumulent les malheurs sur les amants maudits, et la fin pathétique qui voit mourir la jeune Manon transfigure le récit et lui donne la dimension d’un grand roman d’amour.

Antoine-François Prévost d’Exiles, dit l’abbé Prévost a écrit de nombreux romans de mœurs et d’aventures. La Véritable histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut est tirée d’un long roman plein de péripéties, Mémoires et aventures d’un homme de qualité.

Pour la première fois on trouvait en Manon Lescaut un roman aussi intéressant par ses péripéties qu’un roman d’aventure, aussi émouvant qu’une tragédie, aussi étudié dans ses caractères qu’un roman d’analyse ; réaliste non seulement par l’étude exacte des mœurs contemporaines, mais par l’étude d’un problème morale qui, pendant plus d’un siècle, va dominer la littérature, celui de la lutte entre le plaisir et la passion, et des droits et du pouvoir de cette passion.

Paul Guth dira de cette œuvre : « La réalité suffit, terrible, vulgaire, avec le parfum à bon marché des faits divers, où des êtres ordinaires sont poussés au crime ou au malheur les plus atroces. L’abbé Prévost démocratise les héros d’Eschyle ou de Sophocle. Il retire aux rois et aux reines le monopole des horreurs et les met à la portée de toutes les bourses : Manon Lescaut, c’est la nuit du quatre août du roman : elle abolit l’accès privilégié des grands à la tragédie« 

Citations :

  • Il faut compter ses richesses par les moyens qu’on a de satisfaire ses désirs.
  • Un cœur de père est le chef-d’œuvre de la nature.
  • Je vous raconte un malheur qui n’eut jamais d’exemple. Toute ma vie est destinée à le pleurer.
  • On se demande la raison de cette bizarrerie du cœur humain, qui lui fait goûter des idées de bien et de perfection, dont il s’éloigne continuellement dans la pratique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :