Affaire (L’) Lerouge – Emile Gaboriau

Tout débute, comme il se doit, par un meurtre : la veuve Lerouge a été retrouvée assassinée dans son pavillon près de Bougival. Le père Tabaret, vieux bourgeois fortuné et détective dilettante à ses heures, apporte ses lumières au juge Daburon, qui est chargé de l’enquête. Ses soupçons se porte d’abord sur Albert, fils du comte de Commarin. En effet, le demi-frère d’Albert, Noël Gerdy, avocat de son état et fils naturel de Mme Gerdy, lui a révélé une sombre histoire de substitution de nouveau-nés, menée avec la complicité de la veuve Lerouge. Noël serait en fait le véritable fils légitime du comte et de Mme Gerdy. Albert aurait assassiné la veuve Lerouge pour effacer les preuves de cette usurpation. La désignation du coupable semble tout indiquée, d’autant que Noël est le protégé du père Tabaret, qui l’aime comme son propre fils. Toutefois, divers indices amènent progressivement Tabaret à revenir sur ses conclusions ; il découvre enfin que le coupable n’est pas Albert mais…

Emile Gaboriau est tenu pour être, avec Edgar Poe, l’inventeur du roman policier. Toutefois, contrairement à l’écrivain américain, il ne se contente pas de résoudre ses intrigues par le pur jeu de logique et des raisonnements abstraits. Ses héros – le père Tabaret, dit « Tirauclair », et le jeune agent Lecoq, ancêtre de Sherlock Holmes et du Dr Watson – mènent leurs enquêtes sur la base d’indices concrets, parmi lesquels les preuves matérielles, les motivations psychologiques ou les attitudes des personnages jouent un rôle essentiel. De par le cadre dans lequel il se déroulent, les romans de Gaboriau fournissent une véritable radiographie de la société française du milieu du XIXe siècle, de ses sphères les plus populaires aux milieu aristocratiques ; par cet aspect, on a pu comparer son œuvre à celle de Balzac. Enfin, les enquêtes policières sont souvent compliquée par des intrigues mélodramatiques et par des digressions ayant pour but d’éclairer le passé des principaux protagonistes et la « généalogie » des crimes.

Gaboriau appartient à l’histoire de la littérature parce qu’il a vu, aussi confusément qu’on voudra, que le roman policier est un roman raconté d’une façon nouvelle. Il en a fait un mélodrame vu par un témoin. Simenon en fera un roman vu par un policier.

Ce qu’il y a d’inédit, d’unique dans son récit, c’est la méthode du père Tabaret, son étonnante interprétation des moindres traces laissées par le criminel. Nulle part ailleurs, on avait encore assisté à une telle scène, à la révélation de ce qui peut être le génie d’un détectives, à travers lequel apparait le génie de l’auteur. Ici, vraiment, commence la grande aventure du roman policier.

Emile Gaboriau a, dans l’histoire littéraire, un statut à part. Il est proche de Balzac par sa façon de brosser un tableau précis de la société, des rechercher l’origine des grandes familles. Il a, de plus, les obligation du feuilletonniste, qui doit se soumettre à la nécessité d’un travail fragmenté et aux exigences d’un public avide de « suspens », de mystère et d’émotion.

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