Till l’Espiègle – Charles De Coster

Lorsque Till naquit, Katheline, la sage-femme, dit à Claes, le père, et à Soetkin, la mère, que leur fils était né sous une bonne étoile ; avisant une marque brune sur l’épaule du nouveau-né, elle ajouta cependant que l’enfant avait été touché par le « doigt du diable ». Le destin extraordinaire de Till Enlenspiegel devait confirmer cette prophétie…

Till grandit. L’espièglerie et la malice grandissent avec lui. Ses farces, célèbres, dans toute la contrée, le font même bannir du pays de Flandre pour trois ans. De retour chez ses parents, Till voit s’accomplir la première action du diable : Claes, condamné par l’Inquisition est brûlé vif sur un bûcher. Soetkin meurt de chagrin. Le jeune farceur, devenu homme, n’aura de cesse qu’il n’ait obtenu vengeance. Protégé par sa bonne étoile et soutenu dans son coeur par l’adorable Nele, Till se fait paysan gentilhomme et court sus à l’ennemi. Avec son arquebuse à rouet, ses cartouches et sa poudre sèche, Till, allié à une bande de seigneurs flamands, parvient à délivrer « la terre des pères » et à chasser définitivement l’envahisseur.

Till Eulenspiegel, personnage légendaire de la littérature allemande et flamande, aurait réellement existé. Originaire de la région de Brunswick, il serait mort en 1350. Bouffon professionnel, il se fit connaitre par ses aventures extravagantes et répétées. C’est vers 1480 qu’un auteur inconnu de l’Allemagne septentrionale rassembla dans un livre toutes les malicieuses facéties de ce personnage haut en couleurs. Les aventures burlesques du vrai Eulenspiegel s’ajoutèrent celles que l’imagination de l’auteur inventa. La légende était née.

Traductions, adaptations, remaniement de toutes sortes se multiplièrent. Johann Fichart en 1572, Charles de Coster vers 1868, Gerhart Hauptmann en 1918 enrichirent la légende. Eulenspiegel a été définitivement immortalisé par Gérard Philippe, réalisateur et interprète d’un Till l’Espiègle devenu célèbre.

Eulenspiegel dépasse le niveau de la farce : l’auteur critique des artisans, des citadins, du clergé, des souverains et des universitaires de l’époque. C’est la revanche du paysan gaussé et méprisé, du pauvre sur les riches ; mais comme le fripon prend aussi pour cible les paysans, on peut s’en tenir à cette interprétation. L’ouvrage proclame généralement le triomphe de l’esprit de liberté sur l’ordre établi, de l’individu marginal sur la société, de l’errant sur les sédentaires, de l’aventurier oisif sur le travailleur rivé à sa tâche.

Rusé mais généreux, simple mais caustique, parfois facétieux et bouffon mais au fond amer, il incarne les aspirations morales et politiques de ceux de sa sorte, leur indignation et leur humanité non exempte d’héroïsme. Till est devenu vengeur, mais son but s’élargit, devient symbole spirituel de lutte, Till devient un idéal humain, et c’est en cela que réside sa véritable signification.

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