Sido – Colette

Sido est le plus souvent associé aux autres récits qui mettent en vedette le personnage de la mère idolâtrée : La Maison de Claudine et La Naissance du jour. Là, Colette exalte la relation privilégiée de Sido à la nature, aux éléments, sa capacité à capter les « avertissements éoliens », à décrypter et à lire les signes que lui livrent bêtes et plantes. Mais, à travers ce qui peut paraître un portrait de sa mère, Colette, âgée de 57 ans, entreprend aussi un autoportrait de l’enfant qu’elle fut jadis. L’auteur privilégie l’évocation de ses 8-12 ans, époque à laquelle elle était libre d’entendre les appels des quatre points cardinaux ou de suivre les huit chemins de la rose des vents. Elle nous raconte aussi sa relation avec Adrienne, nimbée d’un érotisme balbutiant, et à laquelle la jalousie de Sido mettra un terme. La douzième année, qui « vit arriver la mauvaise fortune, les départs, les séparations » marquera la fin du temps béni de l’enfance. Mais Sido n’est pas l’objet exclusif de l’œuvre : après le premier chapitre qui lui est consacré viennent successivement « Le Capitaine », qui évoque la figue du père, et « Les Sauvages », consacré aux figures des frères, Achille et Léo, et de la demi-sœur, Juliette.

Ce recueil est divisé en trois parties, consacrées respectivement à la mère, au père et aux deux frères. Mais Sido, l’inspiratrice, rayonne dans les trois sections. Sido, qui devient peu à peu le personnage central de l’œuvre au fur et à mesure que Colette vieillit, est ici haussée à une dimension mythique. Elle a donné à sa fille la clé du monde sensible en ne se lassant pas de lui ouvrir les yeux sur les secrets de l’univers. Quand au Capitaine, il est surtout saisi dans sa différence avec sa femme tendrement aimée. Il avait le désir d’écrire, sans jamais avoir pu cependant le réaliser : il n’avait produit que des titres. La fille accomplira l’œuvre restée virtuelle chez son père. « Vous représentez ce qu’il aurait tant voulu être sur la terre. Vous êtes justement ce qu’il a souhaité d’être. Lui, il n’a pas pu », dit un jour un médium à Colette.

Nous ne trouvons pas chez Colette les genres élevés de l’éloge, de l’épopée, le l’hymne. Il ne s’agit pas de mythes, comme chez Homère ou Virgile, en l’honneur des dieux ou des héros. Les héros de Colette sont des enfants, des chats, des chiens, et des hauts faits, le bleuissement de la nuit, la montée du jour, une promenade familiale au bord de l’eau. Pourtant les dieux sont présents, ils se nomme vent l’Est, soleil, aurore ; les héros existent, Colette raconte leur destin heureux ou tragique.

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