Divine (La) Comédie – Dante Alighieri

La semaine sainte de l’an 1300, Dante a trente-cinq ans, « le milieu de la vie« . Egaré, après la mort de Béatrice dans une « sombre forêt » (le péché), il obtint, par intercession de celle qu’il aime, la grâce de voyager dans l’au-delà, tel que pouvait l’imaginer un chrétien du Moyen Age. La Divine Comédie relate le voyage de Dante dans le royaume des morts… Quel est le sort de l’âme une fois qu’elle a quitté le corps ? Celui que lui réserve la justice de Dieu. Pour se faire conduire là où nul vivant ne peut aller, Dante s’est donné un guide : Virgil, le poète latin, qui quitte pour l’occasion la compagnie de tous les sages de l’Antiquité.
Les deux hommes descendent un par un les cercles du gouffre de l’Enfer. Tempête, glace, feu, cruauté des démons, plus in s’enfonce dans le péché, plus on s’approche de Lucifer, et plus on souffre. Il faut toute l’autorité de Virgile pour arracher Dante à la pitié qu’éveillent en lui les tourments des damnés.

Lorsque les deux voyageurs arrivent au Purgatoire, l’espoir renait. La luxure, la colère, l’envie, la gourmandise ont conduit ici une humanité qui ne s’est pas endurcie dans ses fautes ; c’est le repentir qui met ici les pécheurs sur la voie du salut. Tout en haut de la Montagne sainte où les âmes purgent leur peine, une dame vient à la rencontre de Dante, dans un apparat merveilleux. C’est Béatrice, dont l’amour a tiré Dante du péché et l’a sauvé de la perdition. Dans son sillage, Dante parcours l’ultime étape de son voyage sacré. De la lune à l’empyrée, en passant par les planètes et les étoiles, le Paradis est formé de dix cieux correspondant chacun un degré de félicité. Le bonheur des élus se mesure à l’intensité de la lumière, de la joie et de l’amour qui les font tournoyer dans un transport éternel. Justinien, Charlemagne, saint Bernard… les plus grandes figures de la chrétienté sont là pour saluer en Dante un bienheureux en puissance. Au terme de cette procession céleste, Dante plonge les yeux dans la clarté divine. Le poète n’a plus de mots pour décrire l’extase qui l’a ravi.

La Divine Comédie est « l’œuvre en soi la plus parfaite, l’épopée artistique la plus riche du Moyen Age.

Lire Dante, c’est surtout un labeur sans fin qui nous éloigne du but au fur et à mesure que nous avançons. Si une première lecture ne provoque jamais un essoufflement et une sainte fatigue, il faut pour les relectures, se munir d’une de ces paires de chaussures suisses à clous, inusable. C’est avec le plus grand sérieux que l’on peut se demander combien de semelles, combien de peaux de bœuf, combien de sandales Alighieri a pu user au cours de son labeur poétique.

La Divine Comédie se présente comme une poésie du langage, comme la gageure d’un poète qui tente de saisir l’univers entier par des mots. Il devient alors dans une existence multipliée le roi de la création.

La matière du poème grandiose de Dante, c’est, un cas unique dans la littérature de tous les temps, l’univers saisi dans sa totalité, de l’infime à l’incommensurable, du naturel le plus commun, voire le plus trivial, au surnaturel le moins imaginable. Cette matière, en un mot, c’est le tout.

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