Lolita – Vladimir Nabokov

Arrivé aux Etats-Unis en 1940, Humbert Humbert rencontre Lolita, nymphette de « cinq mille trois cents jours (bientôt quinze ans) », en qui il retrouve les traits de son premier amour d’adolescent. Afin de rester auprès de celle qui hante ses rêves secrets, il épouse sa mère, qui meurt accidentellement après avoir découvert le dessein de ce mariage fallacieux. La réalité dépasse alors tous les espoirs du professeur Humbert, et il part avec sa « starlette » sur les routes d’Amérique, comme s’il voulait préserver cette idylle particulière des regards torves des voisins de quartier. Même si ses goûts sont des plus communs, frôlant presque le vulgaire, la jeune Dolorès Haze, qui rêve de Hollywood en feuilletant des magazines féminins, n’en est pas moins divine et enchanteresse pour son « Mac Fatum », vieux babouin » de beau-père. Mais l’amour, aussi intense et puissant soit-il, ne retient pas la naïve et légère Lolita. Humbert la recherche durant de long mois et la retrouve mariée et enceinte . La vue d’un tel désastre le rend ivre de douleur, et il décide de tuer son rival, celui qui lui a enlevé sa femme enfant, sa « nymphette ».

A sa sortie, en 1957, Lolita fut un best-seller. Cependant, beaucoup virent dans ce roman un livre obscène, même si les philistins et les pourfendeur de littérature à scandale ne purent y déceler aucun mot grossier ni aucune allusion pernicieuse ou vicieuse. Que la même façon que Meursault (le héros de LEtranger de Camus) n’est pas condamné pour avoir tué un Arabe, mais pour ne pas avoir pleuré à l’enterrement de sa mère, Humbert Humbert est condamné, non pas pour meurtre, mais pour avoir aimé une jeune fille de trente ans sa cadette. Dans ce livre, où la morale et les mœurs sont considérées comme contingentes par rapport à l’amour, Nabokov met en garde les parents contre les hommes attirés par la pureté et l’innocence juvénile, et les hommes mûrs contre les jeunes filles dont l’esquisse d’un sein sous un pull-over ou un regard furtif sont d’autant d’atouts pour jouer avec ce qui est défendu.

Vladimir Nabokov : « Certains procédés littéraire que j’ai utilisé au début de Lolita (le journal d’Humbert, par exemple) ont donné à mes premiers lecteurs l’illusion qu’ils avaient affaire à une œuvre licencieuse. Ils s’attendaient donc à une suite de scènes érotiques de plus en plus osées, et quand elles se sont arrêtés, ils se sont arrêtés aussi, avec une lassitude teintée de déception. »

Le génie prématuré de Nabokov, c’est d’avoir parodié nos flirts les plus absurdes avec l’Histoire, les utopies, la psychologie, les grands sentiments, les romans d’amour ou bien nos grands tabous. L’irrespect de Nabokov pour les grandes idées n’est qu’une composante élémentaire de son génie romanesque. (Gilles Berbedette)

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