Assommoir (L’) – Emile Zola

Très jeune, Gervaise a eu pour amant Lantier dont elle a eu deux enfants. Montée à Paris, Gervaise parvient, grâce à son métier de blanchisseuse, à faire quelques économies, et l’abandon de son amant ne la décourage pas. Par amour pour son fils, elle consent à tous les sacrifices, jusqu’à ce qu’elle épouse Coupeau, un ouvrier zingueur. Ce mariage marque le début de sa déchéance. En effet, gravement blessé à la suite d’une chute d’un toit, Coupeau devient paresseux et sombre progressivement dans l’alcoolisme et le vice. Il ne quitte plus l’Assommoir, c’est-à-dire le débit de boissons.

La vie de Gervaise s’assombrit de plus en plus, et c’est inutilement que Goujet, un autre ouvrier qui l’aime en secret, lui vient en aide. Pour oublier ses soucis, Gervaise suit l’exemple de son mari et de Lantier qui est revenu s’installer chez le couple. Elle finit par s’adonner à l prostitution. Après la fin terrible de Coupeau dans un hospice, Gervaise, réduite à habiter une niche sous un escalier, sera trouvée morte de faim et de misère.

Septième du cycle des Rougon-Macquart, L’Assommoir est le chef-d’œuvre inégalé du roman noir. En évoquant la décadence du ménage Coupeau, c’est la misère de toute la classe ouvrière parisienne que nous décrit Emile Zola. Et, outre la part qui doit être faite à la thèse sociale, il faut considérer ce roman comme un témoignage sur la condition ouvrière à une époque où la législation sociale était inexistante.

L’auteur a donné dans L’Assommoir la pleine mesure de son talent, symbole du mouvement littéraire naturaliste. Il est un incomparable évocateur des foules, et surtout des foules en mouvement avec la diversité des vêtements, des attitudes et des visages. Les objets eux-mêmes reçoivent de sa puissante imagination une vie mystérieuse, ils deviennent des monstres qui guettent ou frappent leurs victimes, comme l’alambic dans L’Assommoir. Son style cru reproduit avec un réalisme énergique le langage populaire, souvent argotique, des ouvrier de la fin u XIXe siècle. Le recourt au discours directe est une autre source d’expressivité.

A sa sortie en 1877, L’Assommoir fut l’objet de nombreuses critiques en raison de son sujet mais aussi de son style, et cela bien que l’auteur ait expliqué ses intentions : « J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille ouvrière dans le milieu empesté de nos faubourg. C’est de la morale en action. C’est une œuvre de vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l’odeur du peuple. »

Toutefois, L’Assommoir ne rencontra pas que des détracteurs. Des écrivains comme Huysmans ou Mallarmé applaudirent le roman d’Emile Zola. Ainsi Mallarmé écrivait à l’auteur, peu après la parution du livre : « C’est quelque chose d’absolument nouveau dont vous avez doté la littérature, que ces pages si tranquilles qui se tournent comme tous les jours d’une vie. »

Aujourd’hui, L’Assommoir, qui présente un intérêt non seulement littéraire mais aussi historique, apparaît comme un classique de la littérature française.

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