Tour (Le) du monde en 72 jours – Nellie Bly

En plein essor du journalisme embarqué, dépêcher un reporter pour battre le record du tour du
monde était une bonne idée. Envoyer une femme en était une meilleure encore. Lorsque Nellie Bly entreprend sa circumnavigation en novembre 1889, elle part entièrement seule, chargée d’un unique sac à main de voyage. Son objectif : battre le record fictif de Phileas Fogg, le héros
britannique du roman de Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours. Costume de voyage
– cape, veste bleue à col haut, jupe, long manteau de laine à gros carreaux et mallette de cuir –
Nellie Bly boucle en 72 jours une ode à l’audace et à la détermination sans jamais se départir
de son impeccable autodérision.

C’est ce qui lui a donné l’idée de son reportage effectivement. Elle veut battre Phileas Fogg, le héros de Jules Verne. Son rédacteur en chef est d’accord et elle part donc le 14 novembre 1889 à 9h40 et 30 secondes. Et elle nous raconte au fur et à mesure. Son voyage est raconté simultanément par son journal. Un jeu est même organisé. Les lecteurs sont invités à parier sur le temps qu’il faudra à Nellie Bly pour boucler son tour de planète. Avant ça, il a fallu s’équiper. Elle ne prend qu’une seule robe et un tout petit bagage, pour voyager facilement. Au départ, elle table sur 75 jours et quatre heures. Elle part de la côte Est américaine donc, direction l’Angleterre. Grosse angoisse d’abord, elle se dit : « mais qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je m’inflige ça ? » En plus elle malade, elle a le mal de mer. Elle entend un homme dire : « et ça a la prétention de faire le tour du monde ! ». Parce qu’évidemment, il y a pas mal de misogynie tout au long de son parcours, sinon c’est pas drôle. Puis elle se dépêche de gagner la  France où elle va rendre visite à Jules Verne en personne.

«L’extrême méticulosité de cet auteur français a de quoi impressionner. Il avait rayé quelques phrases mais aucun blanc ne subsistait sur la page…» C’est une tornade qui entre dans le bureau de Jules Verne, à son domicile d’Amiens, le 22 novembre 1889. La journaliste américaine Nellie Bly rend visite au grand écrivain et demande à voir son bureau. Elle marque son étonnement devant cette pièce monacale «presque aussi minuscule» que son propre espace de travail et ne tarit pas d’éloges sur la franche cordialité de Jules Verne et plus encore de sa charmante épouse qu’elle quitte à regret.

Ensuite, c’est l’Italie… et le voyage continue avec des rencontres extraordinaires et contrairement au héros de Jules Verne, Nellie Bly prend le temps d’admirer et de visiter les pays qu’elle traverse.

Extrait 1

Rédacteur en chef du New World : « Vous n’y arriverez jamais! Vous êtes une femme, vous aurez besoin d’un protecteur, et même si vous voyagiez seule, il vous faudrait emporter tant de bagages que cela vous ralentirait. En plus, vous parlez uniquement l’anglais. Rien ne sert d’en débattre : seul un homme peut relever ce défi. »
Nelly Bly : « Fort bien! Alors je partirai en même temps que lui pour le compte d’un autre journal et soyez sûr que je le battrai. »

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