Hôtel du Nord – Eugène Dabit

Emile et Louise Lecouvreur, sur un coup de tête, prennent la décision de leur vie : par l’intermédiaire de M. Mercier, marchand de fonds, ils achètent l’hôtel du Nord, quai de Jemmape, au bord du canal Saint-Martin à Paris. M. Goutay, le précédent propriétaire, initie Lecouvreur à l’art de préparer les apéritifs et de mettre les clients saouls à la porte. Renée Levesque une locataire trompée par son amant Trimault, se fait engager comme bonne et sympathise avec Louise, qui la prend sous sa protection ; jusqu’au jour où, après la mort de son enfant mis en nourrice, Renée, sous l’influence de Fernande, sa voisine de chambre, une corsetière qui mène joyeuse vie, sombre dans la prostitution et reçoit ses clients à l’hôtel ; les Lecouvreur, soucieux de la respectabilité de leur maison, la chassent. Lecouvreur découvre d’autres soucis de la vie de patron : renvoi des indésirables, rénovations des chambres, comptes à mettre à jours, descente régulières de la police… Jusqu’à l’avis d’expropriation et le destruction d l’hôtel.

Dans une langue souvent parlée, sans artifice ni lyrisme, Dabit évoque, dans chacun des 35 courts chapitres, un aspect de la vie de l’hôtel ou décrit la figure pittoresque de certains locataires ou clients d’un jour : Minar, dont la vie se partage entre les cartes et les femmes qu’il harponne à la sortie des toilettes ; le père Deborger, qui vit avec le souvenir de sa femme Marie dont la tombe a été vidée sans que l’on ait averti ; les époux Ramillon, qui font la tournée des cafés et, complètement ivres, rentrent chez eux se battre ; Delphine et Julie, les deux vieilles filles qui refusent de connaitre l’amour pour ne pas tromper l’une l’autre… Eugène Dabit évoque, dans ces existences ternes et sans grandeur, la monotone continuité du destin humain. Il dresse un panorama de la vie des quartiers populaires de Paris dans les années vingt sans céder au misérabilisme. Il décrit même avec attachement, émotion et discrétion, la vie des bateleurs, le charme des décors sordides et le bonheur de vivre de certains de ses personnages pitoyables.

En 1938, Marcel Carné tire un film du roman. Le récit est transformé en une aventure tumultueuse et romantique, bien servie sur le plan technique et artistique et participation de Louis Jouvet, Arletty (« Atmosphère ! Atmosphère ! ») et Bernard Blier. Le film est un hymne au Paris populaire, transformé par la caméra en un lieu imaginaire.

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