Comédie (La) humaine – Honoré de Balzac

L’idée d’organiser l’ensemble de sa production en un tout cohérent se forme progressivement chez Balzac. Le premier groupement (Scène de la vie privée) apparaît dès 1830 ; quatre ans plus tard, il a déjà élargi le champs des explorations auxquelles il entend procéder puisqu’il a fixé les trois grandes parties qui composent son œuvre ; enfin, vers 1841, apparaît le titre général de Comédie humaine. Dans les Etudes de mœurs, qui sont comme la base sur laquelle reposera son immense projet, l’écrivain se donne pour tâche de peindre ce qui est, c’est-à-dire de montrer les hommes dans toutes leurs variétés. C’est la partie la plus réussie de toute l’œuvre, celle qui n’appelle aucune réserve. Les Etudes philosophiques illustrent les « causes » qui déterminent tout ce que Balzac a étudié dans la partie précédente. Œuvre d’un visionnaire, elle peut prêter de flanc à quelque critique ; il n’est pas sûr, en effet, que le monde soit, comme le pense Balzac, régi par des forces inconnues. Enfin, les Etudes analytiques devaient révéler les « principes » d’où découlent les « causes ». La réalisation (une seule œuvre achevée) est forcément insuffisante pour nous dévoiler ce causes premières de notre monde. Mais telle qu’elle est, La Comédie humaine s’impose tout d même comme une œuvre grandiose, d’une puissance rarement égalée.

La but de La Comédie humaine est de montrer en quoi cette œuvre est plus cohérente que la diversité des romans qui la composent ne le laisse supposer. Ainsi, au fil de La Comédie humaine, on retrouve les mêmes personnages. A travers Rastignac l’arriviste, Gobseck l’usurier, Goriot le père héroïque, etc., Balzac excelle à décrire la vie, à « faire concurrence à l’état civil ». Mais plus que cela, il recrée un monde qui nous devient vite familier, la société française du XIXe siècle. Tel est le but de Balzac : « Une phrase, un mot, un détail dans chaque œuvre les lient ainsi les unes aux autres et préparent l’histoire de cette société fictive qui sera comme un monde complet. »

Balzac fut un voyant. Son mérite d’observateur, sa perspicacité de physiologiste, son génie d’écrivain ne suffisent pas pour expliquer l’infinie variété des deux ou trois mille types qui jouent un rôle plus ou moins important dans La Comédie humaine. Il ne les copiait pas, il les vivait idéalement, revêtait leurs habits, contractait leurs habitudes, s’entourait de leur milieu, était eux-mêmes tout le temps nécessaire.

Chez lui, le roman historique devient pour la première fois roman de meurs.

L’ambition de Balzac, lorsqu’il commence La Comédie humaine, est à la mesure de l’entreprise. Il dira : « Vous ne vous figurez pas ce que c’est que La Comédie humaine ; c’est plus vaste, littéralement parlant, que la cathédrale de Bourges architecturalement. »


A son amie, Mme Hanska, il dira de La Comédie humaine : « L’homme, la société, l’humanité seront décrits, jurés, analysés sans répétition et dans une œuvre qui sera comme Les Mille et Une Nuits de l’Occident »

L’immensité de l’œuvre faisait dire à George Sand : « Ce sont les mémoires du demi-siècle. »

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