Saadi (1210 ? – 1291 ?)

Les hommes sont les membres d’un même corps.
Ils furent créés à partir de la même essence.

Si le destin venait à faire souffrir l’un d’eux.
Les autres membres ne connaitraient pas le repos.

Toi que le malheur des autres laisse indifférent.
Tu ne mérites pas d’être appelé Homme.

*****

Je l’ai lu dans un livre odorant, tendre et triste
Dont je sors plein de langueur,
Et maintenant je sais qu’on le voit, qu’il existe,
Le jardin-qui-séduit-le-cœur !
Il s’étend vers Chirâz, au bas de la montagne
Qui porte le nom de Saadi
Mon âme, se peut-il que mon corps t’accompagne
Et vole vers ce paradis ?

*****

« Lecteur intelligent et sage, souviens-​toi que l’homme de mérite s’abstient de toute critique malveillante. Une tunique, fût-​elle de soie ou de brocart, a toujours une doublure ; si tu ne trouves pas ici une étoffe de soie, ne t’en irrite point et dissimule l’envers avec bonté. Loin de me targuer de mon mérite, j’implore timidement ton indulgence. On dit qu’au jour de l’Espérance et de la Crainte (au jour du Jugement), il sera pardonné aux méchants en faveur des bons. Toi aussi, si tu trouves quelque chose à reprendre dans cet ouvrage, imite la mansuétude du Créateur du monde ; n’aurais-​tu à louer qu’un seul de mes vers entre mille, sois généreux et épargne-​moi ton blâme. »

*****

« Ô toi qui es sage et d’un heureux naturel, sache que je n’ai jamais ouï dire qu’un homme d’esprit s’évertuât à découvrir des imperfections dans autrui. Quoique la pelisse soit de soie ou même de brocart, elle ne saurait se passer d’une ouate de simple coton. Si tu ne trouves pas d’étoffe de soie pour ta pelisse, ne sois pas en colère, mais contente-​toi de bonne grâce de la ouate. Je ne tire pas vanité du capital de mon mérite : en bon derviche, j’avance la main pour mendier. On dit qu’au jour de la Crainte et de l’Espérance (le jour de la Résurrection), Dieu dans sa générosité pardonnera aux méchants en faveur des bons. Toi aussi, lecteur, si tu trouves quelque chose de répréhensible dans mon discours, imite la bienveillance du Créateur du monde. Si, sur mille de mes vers, un seul te paraît heureux, eh bien, au nom de ta générosité, ne cherche pas à me déprécier. »

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