René – François-René de Chateaubriand

René, qui a fui l’Europe, trouve refuge en Amérique dans une tribut d’Indiens Natchez. Son père adoptif, Chactas, et le père missionnaire Soüel invite le jeune homme à ouvrir son coeur. Tout au long du roman, René raconte sa vie. Sa naissance coûta la vie à sa mère. Il fut élevé dans le château paternel avec sa sœur Amélie, la seule femme qu’il eut jamais aimée. A la mort de son père, René, dérouté, fut attiré par la vie monastique. Puis, il décida de voyager en Italie, en Grèce, en Angleterre, mais ces péripéties n’apaisent pas les douleurs de son âmes. De retour en France, il s’installa dans un faubourg de Paris, où il fut confronté à l’ennuie, puis à la campagne, où la nature et les saisons le plongèrent dans des rêveries exhalées. Sa sœur le quitta pour la vie religieuse et mourut peu de temps après. René décida alors de fuir l’Europe et embarqua à Saint-Malo pour l’Amérique. Le roman s’achève sur un jugement sévère du père Soüel, qui tire la morale de cette histoire.

En 1802, Chateaubriand publie Le Génie du christianisme. l’illustration d’un chapitre sur le « vague des passions » en sera détaché, en 1805, pour devenir René et être réuni à Atala. François-René Chateaubriand fut un adolescent rêveur et mélancolique. Les longues journées tristes et mornes passées entre son père, sa mère et sa sœur Lucile au château de Combourg amenèrent l’écrivain à se replier dans une orgueilleuse solitude où il se laissa aller à ses rêveries. Chateaubriand écrivit René en 1793, lors de son exil à Londres. Il semblerait qu’il s’y remémore les états d’âme de sa jeunesse. On y trouve la nature, la mort, l’exaltation du moi comme dans les Mémoires d’outre-tombe, qui est un récit autobiographique. Cependant, si René prend ses racines dans le « vécu », on ne peut nier le caractère fictif du roman, et c’est sans doute grâce à ce lien entre le réel et l’imaginaire que Chateaubriand sut admirablement retranscrire les sentiments d’un jeune homme tourmenté.

« J’ai lu René et j’ai frémi, je ne sais si tout le monde a reconnu dans ce personnage un de ses traits : pour mo, je m’y suis reconnu tout entier » (Sainte-Beuve)

« Si René n’existait pas, je ne l’écrirai plus ; s’il m’était possible de le détruire, je le détruirais. Il a infecté l’esprit d’une partie de la jeunesse, effet que je n’avais pu prévoir, car j’avais au contraire voulu le corriger. Dans René, j’avais exposé une infirmité de mon siècle ; mais c’est une folie aux autres romanciers d’avoir voulu rendre universelles les afflictions en dehors de tout exprimées dans René. » (Chateaubriand – Mémoire d’outre-tombe)

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