Jean de La Fontaine – Fables

Les deux cent quarante et une fables contenues dans les douze livres qui forment le recueil n’obéissent à aucun plan initiale. Les six premiers livres sont des récits charmants que chacun connaît par cœur : La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard, Le Loup et le Chien, Le Chêne et le Roseau… Le poète emprunte presque tous ses sujets à Esope, écrivain grec, et à Phèdre, poète latin. Il renouvelle cependant le genre de la fable en l’inscrivant dans une poésie de la nature et formule un idéal de vérité en reliant intimement la narration à la morale. Ainsi sont dénoncées la puissance des plus forts, la rouerie des méchants, l’avarice, la vantardise et la sottise.

Le Talent de La Fontaine s’affirme avec les six autres livres qui s’ouvrent à des préoccupations philosophiques : le conflit de la théorie et de l’expérience, l’intelligence des bêtes, la fatalité de la destinée. L’univers des Fables est un monde merveilleux où les animaux ne sont pas seulement les symboles des passions et des vices humains : La Fontaine s’amuse à dégager une profonde identité entre l’homme et l’animal.

Le poète se montre tendre envers les paysans, les bûcheron des forêts, les artisans, les ouvriers, dont il nous propose un inventaire sociologique. Son rire devient vengeur à l’égard de la noblesse vaniteuse, des gens d’église, des juges, des médecins. Sa colère éclate devant le manège quotidien des lâches, des hypocrites, des fats de la cours, qu’il représente sous les trait de flatteurs de tout poil. Il s’adresse bien souvent directement au Roi, le Lion, ce foudre de guerre, l’invitant à ne méconnaitre aucun de ses sujets.

Outre ces critiques acerbes, il offre une réponse à toute les questions morales que peut se poser un homme qui songe. Ces réponses sont celles de notre commun bon sens, mais l’évidence y est transfigurée par la poésie. Souvent le récit originale, distrayant, alerte, contient déjà sa morale en filigrane ; la vérité psychologique, le sentiment poétique.

La Fontaine eut bon nombre d’admirateurs mais aussi de vifs détracteurs tels Rousseau et Chateaubriand, mais Taine permettra sa réhabilitation à l’école.

Voltaire écrira : « Je ne connais guère de livre plus rempli de ces traits qui sont faits pour le peuple et de ceux qui conviennent aux esprits délicats. Je crois que, de tous les auteurs, La Fontaine est celui dont la lecture est d’un usage plus universel… Il est pour tous les esprits et pour tous ls âges.« 

La Bruyère : « Il instruit en badinant, persuade aux hommes la vertu ar l’organe des bêtes, élève les petits sujets jusqu’au sublime, homme unique dans son genre d’écrire, toujours originale.« 

Chamfort : « L’homme corrigé par Molière, cessant d’être ridicule, pourrait demeurer vicieux ; corrigé par La Fontaine, il ne serait ni vicieux, ni ridicule : il serait raisonnablement bon. »

Sacha Guitry : « La Fontaine emploie un vers polymorphe apte à enregistrer toutes les nuances et comme toutes les modifications d’une âme. »

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