Tentation (La) de saint Antoine – Gustave Flaubert

Au cours d’une terrible nuit, Saint Antoine, replié dans sa thébaïde afin d’entretenir une communion spirituelle avec Dieu, est assailli par de multiples tentations. Elle l’accaparent sous diverses formes, au moment où son âme était encline à succomber à la tentation, tout d’abord sous l’aspect de la Reine de Saba tentant de le séduire par sa beauté et sa richesse. Par le suite, Hilarion, qui reste à ses côtés tout au long de la nuit, sous la fausse figure du disciple, essaie de fléchir sa foi. Par de nombreuses questions, il lui révèle les sectes hérétiques par le biais de visions. Enfin, Hilarion dévoile son caractère symbolique et tente une dernière corruption en lui découvrant le monde de l’absence de Dieu, mais Saint Antoine ne se laisse pas fléchir. A son éveil, il assiste au dialogue du Sphinx et de la Chimère et se retrouve enfin seul, ayant pour dernière hallucination la licorne, qui ouvre derrière elle le ciel et révèle la face du Christ.

La Tentation de Saint Antoine paraît dans sa version définitive en 1878 chez l’éditeur Charpentier après avoir été remaniée deux fois, la première version datant de 1849 et le seconde de 1856. Aussi le texte apparaît comme le « point d’aboutissement d’une longue quête de perfection », livre dans lequel Flaubert mêle avec juste mesure sa vie spirituelle et un réalisme hallucinatoire qui, au regard de la critique, annonce la décadentisme de la fin du siècle. La Tentation de Saint Antoine a non seulement pour objet de placer Antoine face aux tentations mais aussi de réactiver des mythes qui seront eux-mêmes, à la fin du siècle, utilisés à des fin esthétiques et notamment le mythe du Sphinx et de la Chimère, qui établit un dialogue entre la destinée de l’homme et la fantaisie. Ainsi le monde, comme l’homme, est pour Flaubert partagé entre une interrogation sur la nature, le Sphinx, et une évasion de la réalité, la Chimère.

« La lecture dura trente-deux heures ; pendant quatre jours, il lut, sans désemparer, de midi à quatre heures, de huit heures à minuit. Il était convenu que nous réservions notre opinion et que nous ne l’exprimions qu’après avoir entendu l’oeuvre entière. Lorsque Flaubert, ayant déposé son manuscrit sur la table, fut sur le point de commencer, il agita les feuillets au-dessus de sa tête et s’écria « Si vous ne poussez pas des hurlement d’enthousiasme, c’est que rien n’est capable de vous émouvoir… » (Maxime du Camp)

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