Gardien (Le) – Harold Pinter

Aston, marginalisé à la suite d’un traitement psychiatrique violent, habite une pièce en piteux état dans un pavillon londonien. Il accueille un vieillard, Davies, rejeté de tous et sans travail. Aston se montre généreux et attentionné. A la demande de Davies, il lui apporte une paire de chaussures, puis une autre, mais celui-ci trouve sans cesse à redire. Il lui propose de devenir gardien, afin de lui redonner une identité et un semblant de dignité. L’attitude de Davies est arrogante ; il ne cesse de parler de Sidcup, un endroit où il aurait laissé ses papiers, mais où il ne se rend jamais.

Le frère d’Aston, Mick, se présente à Davies comme le propriétaire de la maison et, lors de ses visites, se moque ouvertement de lui soit en l’insultant, soit en l’obligeant à jouer des rôles d’homme respectable, notamment le locataire potentiel. Lui aussi propose au clochard de devenir gardien, mais il est ironique : il lui demande des références. Davies piégé par sa propre suffisance, affirme qu’elles sont à Sidcup. Il se plaint d’Aston en son absence pour mieux plaire à Mick. En fait, il ne réalise pas que Mick se joue de lui et qu’il est manipulé, alors même qu’il croit monter un frère contre l’autre. Finalement, Aston se lasse de la méchanceté du vieillard et le prie de partir. Davies est persuadé que Mick le gardera et chassera son propre frère. Lorsqu’il traite Aston de « cinglé » devant Mick, il est définitivement mis à la rue. Mick part et Davies tente, en changeant radicalement d’attitude, de réparer le mal qu’il a fait ; mais Aston reste de marbre.

Dans Le Gardien, il semble que la communication doive échouer dès qu’elle devient verbale. Le personnage de Davies appelle la pitié, par son âge et par son apparence misérable. Ses paroles, au contraire, provoque la révolte, ses mots sont inadaptés à la situation ; méfiant, il est incapable d’exprimer son désarroi. Il se comporte en seigneur alors qu’il est mendiant. A l’opposé, les deux frères ne se parlent pratiquement jamais et se comprennent parfaitement. Un sourire qu’ils échangent apparait comme le seul acte de communication réussi de la pièce.

Admirateur de Dylan Thomas et de Beckett, Harold Pinter tire de son expérience de la difficulté de communiquer avec autrui un théâtre dominé par le thème de l’espace clos et rassurant, que de mystérieuses forces extérieures tentent perpétuellement, à travers les mots et situations quotidienne, de détruire.

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