Jeu (Le) des perles de verres – Hermann Hesse

Vers l’an 2200, le jeune joseph Knecht va progressivement gravir les échelons de l’Ordre de Castalie ; là, des êtres d’élite s’adonnent à un jeu purement intellectuel, le « jeu des perles de verre », qui vise à découvrir la langue secrète des arts et des sciences. Les joueurs mènent une vie méditative, monacale, et pratiquent la musique, l’astronomie, les mathématiques, dans l’espoir d’opérer la synthèse de la totalité des connaissance humaines. Promu au grade suprême de « magister ludi » (maitre du jeu), Knecht décide finalement de se consacrer à l’éducation d’un enfant. Il devient le précepteur du jeune Tito, avec lequel il s’installe dans un chalet de montagne. Knecht périra noyé dans les eaux glaciales d’un lac, laissant son élève profondément transformé et appelé à poursuivre la mission du maitre.

Cette biographie imaginaire s’achève sur le « Ecrits posthumes de Joseph Knecht », suit de trois « contes » imprégné de philosophie indoue dans lesquels Knecht raconte ses vies antérieures.

Publié en 1943, ce dernier roman de Hermann Hesse est une synthèse de sa pensée. Dans un décor fictif, comme en imaginent ses contemporains Thomas Mann ou Ernst Jünger, il projette un idéal de culture universelle. Mais la perfection figée de la Castalie finit par être remise en question par Knecht, qui choisit de propager la connaissance dans le monde en éduquant un enfant. Le Jeu des perles de verre dévoile dans son ensemble des thèmes chères à l’auteur : une vision du temps inspirée de la tradition hindoue, le sacrifice d’un individu d’élite à la communauté, la relation maitre-élève, la promotion d’un idéel de spiritualité. Ouvrage ardu, à l’architecture complexe, ce roman fait de la connaissance le salut des âmes et avance le thème plein d’espoir de la régénération constante.

Le Jeu des perles de verre a particulièrement intéressé les critiques par son message philosophique. En replaçant ce roman dans le contexte historique de sa date d’édition, J. Chassard et G. Weill tentent d’exprimer la foi en l’homme d’Hermann Hesse : « Ecrit en pleine guerre, ce roman ne dissimile pas le prodigieux écart qui sépare la réalité du rêve, le chaos du monde d’aujourd’hui de la société humaniste de demain, mais l’auteur croit à celle-ci et sa confiance en l’homme rejoint celle de Wilhelm Meister de Goethe, qui, lui aussi, définissait comme guide de l’Humanité une nouvelle aristocratie de l’esprit. »

La lecture du Jeu des perles de verre doit être patient et profonde. Tel semble être le secret pour pénétrer au cœur de l’ouvrage : « Sans doute convient-il de lire les livres comme ils sont écrit : vite les uns, lentement les autres ; avec impétuosité presque tous ceux de Hermann Hesse, à pas comptés toutefois, Le Jeu des perles de verre, cathédrale à la nef immense, à la voûte élevée, aux long déambulatoires, aux cryptes enchevêtrées et profondes. Avis donc au lecteur pressé : n’en franchissez pas le parvis ! Ne seront les bienvenus entre ces piliers tranquilles que les amis du silence et de la méditation.

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