Fort comme la mort – Guy de Maupassant

Paris, d’avril décembre 1887. La Renommée du peintre Olivier Bertin a attiré la comtesse de Guilleroy. Celle-ci favorise le mariage de sa fille avec le marquis de Farandal, dont la position aidera aux intérêts de son mari. A un diné qui réunit chez sa maitresse les mêmes habitués, le peintre est frappé par la ressemblance de la jeune fille et du portrait qu’il fit jadis de la mère. La mère de la comtesse meurt. Parce qu’elle signifie la perte de son enfance, cette disparition accentue chez elle la peur obsessionnelle de vieillir. Le séjour de Bertin chez elle, en Normandie, lui révèle une autre vérité cruelle : son ami s’éprend de sa fille. Elle lui ouvre les yeux, et tous deux souffrent de cette situation. Bertin qui sent tout le vide de sa vie, voit dans l’accident de circulation, qui le blesse à mort comme signe du destin.

Un classique du triangle amoureux du mari, de la femme et de l’amant et de la fille de celle-ci. mais cette substitution ne peut avoir lieu en fait : une différence d’âge, certaines considérations interdisent ce nouvel amour du peintre. L’histoire du roman est donc une prise de conscience désespérée de cet amour « plus fort que la mort ». Car cette passion a beaucoup d’une possession par « l’autre qui est en nous », le « Horla » des contes fantastiques ; cet « autre » qui dort en Bertin est réveillé par le sortilège d’une hallucinante ressemblance. Celle-ci lui permet de côtoyer « un être double, ancien et nouveau » – la mère et sa fille – et lui offre l’illusion du passé retrouvé.

Etrangeté d’autant plus insidieuse qu’elle n’est pas « inquiétante » : là, nulle folie. Bertin se découvre pris au piège du passé et accepte la mort.

Ce roman, auquel Maupassant se consacra avec un soin particulier, devait traduire, ainsi qu’il l’écrivit à sa mère, « une conception de la vie à la fois terrible, tendre et désespérée » ; il conserve encore aujourd’hui une forte puissance de suggestion poétique. Et ceci même lorsque l’auteur, qui est avant tout conteur de nouvelles, s’intéresse plus au « cas » qu’aux personnages. C’est pourquoi, son œuvre vit plus par des épisodes isolés que par l’ensemble : faiblesse intime qui se révèle jusque dans le style, bien qu’il soit finement et minutieusement travaillé. renonçant à son écriture vive et brillante de conteur, il s’attarde en de longues analyses psychologiques qui ne sont pas dans sa « manière » habituelle.

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