Malicroix – Henri Bosco

Martial de Mégremut se dirige vers la Redousse où la convoqué Me Dromiols pour recueillir l’héritage de son grand-oncle Cornélius de Malicroix. Le notaire n’est pas au rendez-vous et Martial l’attend toute une semaine dans le mas solitaire assailli par la bourrasque, sur une île que le Rhône en crue ronge un peu chaque jour, avec pour seule compagnie Baladran, le taciturne serviteur de Cornélius, et le chien Bréquillet. Dromiols a voulu laisser à la sauvagerie du lieu et des éléments le temps de faire son oeuvre, car une clause du testament stipule que le jeune homme héritera seulement s’il réside trois mois dans l’île sans en sortir. Il compte que le doux Martial fuira ce pays farouche. Il se trompe : séduit par l’austère Camargue, Martial vivra envers et contre tout l’aventure prévue par le dernier des Malicroix.

Et quelle aventure ! Il lui faudra d’abord affronter une nature grandiose et hostile, la tempête déchainée. Et les hommes : Balandran silencieux, ami ou ennemi ? et l’ombre de Dromiols qui le surveille d’au-delà du fleuve. C’est le chien Bréquillet qui le premier reconnaitra son nouveau maitre, et l’énigmatique Balandran suivra à son tour.

Les menaces se font plus précises, Balandran disparait : Martial succombe à la fièvre ; au travers de ses délires, un visage de femme apparaît, celui de la mystérieuse Anne-Madeleine, qui se précise de plus en plus. Chaque nuit, des ombres rôdent autour de la Redousse, ébranlent la porte. Mais Martial n’est plus seul : Anne Madeleine d’abord, puis Balandran de retour, que Martial découvre mourant sur son lit. Il le sauvera ave l’aide de la jeune fille. Le voici parvenu au bout des trois mos de la retraite. Mais il lui reste l’épreuve finale, codicille au testament du vieux Malicroix. C’est l’excercice d’une vengeance où par le fleuve se mêleront les forces de la nature et les pressions mystérieuses des fantômes.

Une fois encore, Bosco suspend le mystère, au lieu d’accomplir nos souhaits ou nos sentiments. L’illusion du surnaturel met du baume dans notre sang : nous sommes dans les mains des démons, mais du même coup ils sont dans nos mains. La terre et le ciel sont enchaînés par une dépendance réciproque. C’est par où les poètes sont religieux, leur imagination étant plus pieuse qu’eux-mêmes.

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