Pygmalion – George Bernard Shaw

Au sortir du théâtre, rencontre fortuite sous une pluie battante d’une marchande de fleurs au langage châtié, Elisa Doolittle (Lisa), d’une dame accompagnée de sa fille et de son fils Freddy, d’un spécialiste de la prononciation, Henry Higgins, auteur de l’Alphabet universel, et du colonel Pickering, linguiste.

Ces deux derniers sympathisent et se promettent de collaborer. Higgins, critiquant à voix haute le déplorable jargon de la bouquetière, gage qu’il pourrait en faire en trois mois une duchesse. Le lendemain, Elisa Doolittle rend visite à Higgins et sollicite des leçons de beau parler et de maintien. Amusé, Higgins accepte ; Pickering paiera les leçons. Lisa s’installe avec ses deux mentors et travaille avec acharnement ; ses progrès sont fulgurants, et elle triomphe au cours d’une garden-party.

Huggins qui a gagné son pari, souhaite de départ de sa pupille. Colère de Lisa, qui reproche violemment au professeur de la traiter « comme ses pantoufles » ; ce n’est pas une querelle d’amoureux car, en fait, Lisa aime Freddy…

Chacune des pièces de Shaw s’accompagne d’une préface où l’auteur explicite son intention. Celle de Pygmalion respecte la règle ; Shaw s’y inquiète du mépris en lequel les Anglais tiennent m-leur langue et leur refus d’apprendre à leur enfants à la parler correctement ; c’est pourquoi il fait de Higgins le héros d’une pièce populaire.

« Ma pièce est si profondément et si consciemment didactique et son sujet si aride, que j’ai plaisir à la jeter à la tête des pédants qui s’en vont répétant comme des perroquets que l’art ne devrait jamais être didactique.  » Pygmalion n’a pas de conclusion ; au dernières phrases du dialogue s’enchaine directement un texte ou Shaw affirme « que la suite de cette histoire n’a pas besoin d’être mise en scène et qu’elle est logique et claire pour quiconque a le sens de la nature humaine en général, et de l’instinct féminin en particulier ».

L’œuvre du poète comique s’est élevée à la hauteur de l’universellement humain, c’est-à-dire, comme l’écrivait Wagner, à l’universellement intelligible. Et la preuve, c’est que non seulement elle a du succès dans son pays d’origine, la Grande-Bretagne, mais elle en a encore dans le Nord-Amérique et dans les pays de langue allemande, scandinave et slave, et qu’elle commence à être goutée dans les pays de langue français et italienne. Ce n’est pas par suite d’un emballement, fruit d’un engouement passager ; c’est progressivement que le succès est venu. Et il lui a fallu lutter pendant des années pour s’imposer et au monde intellectuel et la masse populaire. Et partout, il s’est créé des partisans et des adversaires, tous plus ou moins passionnés, de la comédie shawienne.

En France, Shaw fut appelé « le Molière du XXe siècle » et lui-même estimait qu’il procédait des tendances classiques de l’art dramatique. Par classicisme, il entend ici la disposition rigoureusement rationnelle et dialectique de l’esprit, et l’opposition à tout romantisme.

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