2001 – Odyssée de l’espace – Arthur C. Clarke

Ayant lu La Sentinelle nouvelle de l’auteur, Stanley Kubrick lui proposa d’écrire avec lui un scénario dont seraient tirés un film et un livre. Kubrick réalisa le film, Clarke rédigea le roman.

Il y a des millions d’années un monolithe apparaît à une tribu d’hommes-singes, éveille leur intelligence et leur enseigne l’usage de la pierre, arme à outil. L’humanité ingénieuse et agressive est née. A l’aube du XXIe siècle, on dégage sur la Lune un second monolithe enfoui dans le sol d’un cratère. A peine a-t-il été atteint par la lumière du soleil qu’il émet un signal radio directionnel et puissant en direction des étoiles.

C’est une « sentinelle » destinée à annoncer l’intervention de l’humanité sur la Lune. Le seul navire interplanétaire à propulsion nucléaire, « Explorateur 1 » est envoyé vers Saturne. Son équipage ignore le but de sa mission, à l’exception de son membre le plus étrange, Carl, l’ordinateur intelligent qui contrôle tout à bord. Une panne touchant les liaisons avec la Terre vient surprendre la mission. Elle a été simulée par Carl qui souffre d’un conflit de programmation : il sait ce que ses collègues humains ignorent.

Démasqué, menacé d’être débranché, il réagit en tuant tous les passagers sauf un, Dave, qui le désactive dans une scène poignante. Seul à bord, Dave apprend le but véritable de l' »Explorateur » : un satellite de Saturne , Japet, qui semble d’origine artificiel. Il y découvre un monolithe géant, une porte des étoiles. Cette porte avale sa navette et la transfère à travers l’hyperespace, à des milliers d’années-lumière, dans une sorte de cage d’observation.

Là, les extraterrestres, intervenant à nouveau dans l’évolution humaine, étudient Dave, le transforment en enfants des étoiles et le renvoie à proximité de la Terre où il ouvrira une nouvelle ère.

Le spectateur qui a vu le film trouvera dans le livre des réponses à un certain nombre d’énigmes proposées par Kubrick. Le roman de Clarke est volontairement clair, plus clair que ne le sont nombre d’ouvrages de science-fiction et en particulier ceux de cet auteur qui ont une vocation philosophique plutôt que pédagogique.

Pour Kubrick, l’homme n’est pas digne de paraître devant les Étrangers. David passe toute sa vie, seul, dans sa cellule, en face de lui-même. Et c’est seulement au seuil de la mort, en échange de cette épreuve qui lui a été imposée comme à un spécimen, qu’une nouvelle chance lui est donnée, à lui individuellement et à l’espèce humaine tout entière. Il est alors rejeté dans l’espace de la Terre, sous la forme d’un fœtus, encore immobile, impuissant dans son œuf de lumière, condamné à une longue croissance. Il faudra peut-être un million d’années de plus à la nouvelle race pour qu’elle soit admise à entrer en contact avec les maîtres absents. Ou peut-être n’y parviendra-t-elle jamais. Aucune promesse n’est donnée par les dieux.

Extrait

C’était le propre du barbare de détruire ce qu’il ne pouvait comprendre, mais peut-être les hommes n’étaient-ils que des barbares comparés aux êtres qui avaient érigé les monolithes…
Et d’où avaient-ils pu venir ? De la Lune même ? C’était tout à fait impossible. S’il y avait jamais eu la moindre trace de vie sur ce monde désolé, elle avait été détruite durant la période de formation des cratères, quand la surface avait été chauffée à blanc.
De la terre ? Hautement improbable mais pas impossible. Mais une civilisation terrestre avancée – peut-être non humaine – au Pléistocène, aurait laissé d’autres traces de son existence. Nous les aurions découvertes bien avant de débarquer sur la Lune, se dit Floyd.
Cela laissait deux possibilités: les autres planètes et les étoiles. Pourtant, l’évidence était contre la présence de la vie, de toute forme de vie, dans le système solaire, en dehors de la Terre et de Mars. Les mondes intérieurs étaient trop chauds, ceux de l’extérieur trop froids, à moins de descendre à des profondeurs où la pression atteignait des centaines de tonnes au centimètre carré.
Alors les visiteurs étaient peut-être venus des étoiles, ce qui paraissait encore plus incroyable. En levant les yeux vers les constellations, Floyd se rappela combien de fois ses collègues avaient prouvé l’impossibilité des voyages interstellaires.

Extrait

Quant à savoir s’il était vraiment doué de pensée, la question avait été résolue dans les années 40 par le mathématicien britannique Alan Turing. Turing avait déclaré que si un homme était capable de converser longuement avec un ordinateur – peu importait que ce fût par l’intermédiaire d’un clavier ou d’un micro – sans distinguer de réelle différence entre ses réponses et celles que tout homme aurait pu donner, alors cet ordinateur pensait vraiment, selon l’exacte définition du terme. Carl eût passé facilement le test de Turing.

Extrait

Depuis l’aube des temps, environ cent milliards d’êtres vivants ont vécu sur cette planète.
Et ce nombre est très intéressant car, par une curieuse coïncidence, il existe environ cent milliards d’étoiles dans notre univers local, la Voie Lactée. Ainsi, pour chaque homme qui vécut jamais, une étoile brille dans l’espace.

Equilibrant admirablement les précisions techniques et les envolées métaphysiques, riches d’images inédites, prônant une sorte de mysticisme matérialiste selon lequel il existe dans l’univers des espèces si évoluées qu’elles sont quasi divines pour l’homme, 2001, le livre complète et éclaire le film.

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