Contes d’amour, de folie et de mort – Horacio Quiroga

Œuvre de l’écrivain uruguayen Horacio Quiroga publié en 1917, véritable introduction du courant fantastique dans la littérature hispano-américaine. Oubliée en 1917, elle réunit des textes écrits durant une décennie qui précéda son édition et au cours de laquelle Quiroga s’installa comme pionnier dans l’ « antédiluvienne forêt de Misiones ». Certains contes portent encore l’empreinte d’Edgar Poe. L’Oreiller de plumes, par exemple relate la macabre découverte, dans une luxueuse maison automnale, d’une bête monstrueuse, boule vivante et visqueuse aux pattes velues qui, cachée parmi les plumes d’un oreiller, a sucé en quelques nuits le sang d’Alicia, la jeune épousée. Dans Le Solitaire, Kassim le joaillier, punit sa femme envieuse des bijoux qu’il fabrique en lui enfonçant dans le cœur, durant son sommeil, l’épingle à cravate qu’il vient de sertir d’une pierre sans prix.

Maupassant aussi est présent. On le devine dans La Poule égorgée, où quatre pauvres d’esprit, qui ont vu leur bonne saigner une poule, égorgent leur petite sœur avec la même cruauté. Et pourtant, on le comprend vite en lisant d’autres contes du recueil : Horacio Quiroga, c’est tout autre chose. Une thématique qui s’inspire de l’expérience et qu’une écriture âpre et nue, au charme indéfinissable, transcende en fiction magique. L’art d’Horacio Quiroga est un art à froid, capable de transformer le mystère ambiant des terres tropicales en hallucination fantastiques. Son monde est le monde sauvage des hommes de la forêt environnés par une flore et une faune non moins sauvage.

Dans Le Miel sylvestre, les fourmis carnassières dévorent le corps de Benincasa, l’adolescent paralysé par un maléfique miel champêtre, et ne laisse qu’un squelette couvert de vêtement. Dans A la dérive, un homme marche sur un serpent et meurt de la piqûre en descendant le Parana et en criant en vain au secours.

Tous les protagonistes de Quiroga, qu’ils soient colons, défricheurs, bûcherons, péons, bateliers indiens exploités ou Blancs exploiteurs, vivent aux prises avec le luxuriant danger de la forêt inextricable ou les caprices d’un fleuve tumultueux. L’amour peut unir, souvent tragiquement, ces hommes et ces femmes, la folie ou la mort, tapies dans les dures tâches quotidiennes, les guettent comme autant de proies sur lesquelles s’acharne la fatalité ou de condamnés payant une lourde faute inconsciente.

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