Contes de ma mère l’Oye – Charles Perrault

Qui, et quel enfant, ne connait pas, aujourd’hui encore, l’histoire de  » La Belle au bois dormant « , du  » Petit Chaperon rouge « , de  » Peau d’Ane « , du « Chat botté « , de « Cendrillon « , du « Petit Poucet  » ? Qui n’a jamais prononcé cette formule étrange :  » Tire la bombinette et la chevillette cherra  » ou tremblé au  » C’est pour te manger  » du loup ? Les contes rassemblés ici par Perrault ont cet étonnant pouvoir d’être du temps passé et pourtant toujours du présent. Ce monde de fées, de sorcières ou d’ogres continue de frapper merveilleusement les imaginations avec ses pantoufles de verre, ses bottes de sept lieues, ses baguettes magiques et ses clefs pour ouvrir quelques chambres secrète. Les petits et les grands connaissent ces histoires sans toujours en avoir perçu l’enseignement moral qu’elles renferment, mais ils ont tout de même à l’esprit des exemples profitables et à respecter. Mais, objectera-t-on, les fées, les ogres n’existent pas, et il n’y a plus de rois. Peut-être, mais Perrault prévenait déjà : « Le conte de  » Peau d’Ane  » est difficile à croire : mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grand, on en gardera la mémoire.

Perrault s’inspira des contes traditionnels que l’on pouvait trouver d’ailleurs dans les petits volumes de la Bibliothèque bleue, largement répandus par les colporteurs. Mais il avait également à l’esprit les Fables et Contes de La Fontaine, dans lesquels l’attirait une apparente légèreté de ton derrière laquelle on pouvait exercer pleinement son esprit satirique. Car, en adaptant les contes, Perrault fit œuvre de moraliste et brossa un portrait critique de son époque. Ainsi, voit-on avec quelle facilité le « Marquis » de Carabas fit fortune et épousa une princesse. La moralité de chaque conte s’adressent plus à la raison qu’à l’enfance, et le ton est grinçant. Aujourd’hui, il est bien rare que l’on récite « Le Petit Chaperon rouge » ou « Cendrillon » à la manière de Perrault : est-ce à dire que les Contes de ma mère l’Oye sont périmés ? Aussi peu que les fables de La Fontaine, qui brillent d’un éclat nouveau, celui que confère le charme du temps passé.

Il faut bien enfin se persuader que le succès de Perrault, ce succès qui perdure et qui le fait immortel, tient à la couleur sobre et fine, à la grâce, la simplicité et l’aisance de son style. En un temps ou la langue française se guindait et portait perruque chez les écrivains de second ordre, Charles Perrault, secrétaire et interprète de « ma mère l’Oye », a été comme l’a très bien vu Anatole France, le mainteneur d’un style narratif qui a exprimé « la poésie du terroir et le charme des choses domestiques » et qui, de temps à autre, y ajoute la grâce d’un sourire.

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