Homme (L’) qui rit – Victor Hugo

Cette œuvre écrite dans la dernière période de l’exil à Bruxelles reflète, comme Les Misérables, les préoccupations sociales qui avaient fait de Victor Hugo une homme politique, et sa passion, à la fois naïve et ardente, donne à ces pages un accents inoubliable.

L’Homme qui rit est peut-être le roman le plus typique de Victor Hugo, celui dans lequel son goût de l’antithèse est mis le plus clairement au service d’une idéologie. Un saltimbanque philosophe, un monstre à l’âme lumineuse, une orpheline aveugle d’une pureté exceptionnelle, une duchesse pervertie, tel sont les protagonistes de ce roman. L’action se passe en Angleterre, au temps de la reine Anne. Un étrange vagabond, Ursus, misanthrope au cœur généreux, erre à l’aventure avec son chariot et son ours. Il rencontre deux enfants abandonnés : l’un, rendu infirme par les « comprachicos », porte un visage marqué d’un rire perpétuel, tandis que sa compagne est aveugle. Ursus les recueille, et plus tard il forme avec eux une sorte de compagnie de mimes, Gwynplaine, le garçon, avec sa face monstrueuse, acquiert très vite une certaine renommée : Dea est sa joyeuse compagne de scène ; les deux jeunes gens s’aiment tendrement.

Or, il arrive qu’à Londres on reconnait bientôt dans Gwynplaine le baron de Clancharlie, pair du royaume, qui fut jadis enlevé à sa famille. On le rétablit dans ses titres et ses droits, Ursus, qui le croit mort, tente vainement de cacher son absence à Dea. Cependant, Gwynplaine à fait son entrée de à la chambre des lords. Là, il se fait le défenseur de ce monde misérable au milieu duquel s’est déroulée toute sa vie. Il parle avec une telle passion qu’il en vient à perdre la tête et s’abime dans les sanglots à la fin de son discours. Il ne pense plus à sa difformité. Mais les lords, eux, voient ses pleurs se transformer en un rire spasmodique. Stupeur : toute la Chambre ricane. Ivre de dégoût, le héros prend la fuite. Il n’aspire plus qu’à rejoindre Ursus et Dea sur le bateau qui s’apprête à les emporter. Hélas, il arrivera trop tard !

L’évocation de la vieille Angleterre du début du XVIIIe siècle est loin de manquer de force ; la brutalité populaire explose sous le vernis de l’orgueilleux raffinement de la société. Les effets d’ombre et de lumière, les formes grimaçantes qui contribuent à évoquer cette atmosphère pénible, s’adaptent avec plus de vérité à cette époque qu’aux évocations d’un Moyen-Age tardif, jouisseur et déjà bourgeois. La vie de l’œuvre provient de ce décor violent, mais trop violent pour pouvoir accueillir des thèses sociales et pour permettre au drame de prendre cette profondeur qui, seule, aurait pu rendre réels les personnages.

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