Sphère (La) et la croix – G. K. Chesterton

La sphère et la croix La sphère et la croix est une fable métaphysique d’une rare inventivité. Il caractérise bien la manière de l’auteur. En effet, l’intrigue en est plus fantastique encore que de coutume. Sous le couvert de l’allégorie, Chesterton nous montre la lutte qui oppose matérialistes et spiritualistes. Dans une sorte de dirigeable qui évolue au-dessus de Londres, le professeur Lucifer converse avec le moine Michael. Entretien qui dégénère en altercation : si bien que Lucifer envoie son contradicteur par-dessus-bord. Cela se passe exactement au-dessus de l’énorme croix que forme le dôme de Saint-Paul. L’auteur nous mène ensuite au cœur de la City.

On y voit un certain Evan Mc Ian, catholique intransigeant, tout frais moulu de son Ecosse natale. Ayant par hasard trouvé dans le journal l’Athée des propos qu’il juge outrageants, il pénètre hardiment jusqu’à la rédaction. S’en prenant au directeur, il le traite d’insulteur public et le provoque en duel. Ce dernier qui s’appelle Turnbull relève le gant avec enthousiasme. Et pour cause, c’est la première fois qu’un de ses articles est pris au sérieux. Le duel étant prohibé en Angleterre, nos deux hommes n’en persisteront pas moins dans leur résolution. Il s’ensuivra une série de tentatives, que la police saura toujours faire avorter. Pour se soustraire à ce contrôle, ils prennent ensemble la clef des champs : ce qui leur vaudra mille aventures que viendront corser des discussions interminables, fût-ce au milieu des situations les plus étranges. Ils rencontrent ainsi des gens très curieux, chacun d’eux incarnant certaine tendance de notre esprit.

Il est à noter toutefois qu’à mesure qu’on avance, leur discussion deviennent de plus en plus simples et amicales. Au cours de leur burlesque odyssée, Evan Mc Ian rencontre la femme intelligente et sceptique, mais assoiffée de vérité à laquelle il communiquera sa certitude ; Turnbull, lui, celle dont la foi est indéracinable et absolue et qui l’élèvera jusqu’à elle. En bref, les deux adversaires deviennent finalement de bon amis, car au-delà de tout fanatisme ils ont atteint à la paix que procure toute certitude. La lutte des deux fanatisme se trouve donc ainsi dépassée, en se conciliant dans la fraternité de l’idéal. Autrement dit le moine Michael triomphe du docteur Lucifer : victoire que symbolise la croix fichée dans la sphère.

Roman métaphysique et inclassable qui pourrait en dérouter plus d’un et qui comblera le lecteur qui s’accrochera à cette histoire dont le résumé est déjà un tour de force.

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