Enfant (L’) – Jules Vallès

Jacques Vingtras est le fils d’un professeur de collège et d’une paysanne. Battu régulièrement par sa mère qui veut faire de lui un bourgeois, Jacques connaît une enfance malheureuse. Son père rencontre dans son métier échecs et humiliations et, intimidé par les autres professeurs et les parents des élèves, finit comme un simple pion. Il en conçoit de l’amertume et se venge en frappant son fils. L’enfant voit son existence limitée à ces deux prisons que sont pour lui l’école et la maison, lieu de disputes violentes entre parents.

Se révoltant contre l’enseignement traditionnel, et spécialement l’apprentissage du grec et du latin, Jacques trouve ses rare moments de liberté en parcourant la compagne ou en traînant dans les rues où il côtoie les ouvriers, dont il découvre l’existence et la misère lors d’un séjour à Paris. Jacques échoue au baccalauréat et annonce à ses parents son désir d’être simple ouvrier. Nouvelles disputes. Pourtant, Jacques ira jusqu’à se battre en duel pour défendre l’honneur de son père… Ses parents décident de laisser partir l’enfant, découvrant un peu tard, à quel point ils ont été dur envers lui. Jacques part ainsi s’installer à Paris.

Jacques Vingtras est un roman social regroupant chronologiquement trois parties : L’Enfant, Le Bachelier et l’Insurgé. Jules Vallès (même initiale que Jacques Vingtras), y raconte, sous forme de journal à la première personne, son enfance de révolte. Dans L’Enfant, cette révolte se fait contre l’école et sa famille. Du premier chapitre, « Ma mère », au dernier, « La délivrance », s’opposent deux mondes : celui des valeurs familiales et celui des désirs enfantins, la contrainte et la liberté. Le thème de l’argent est omniprésent, marquant à jamais le développement de la maturité chez Vallès-Vingtras. Mais l’ensemble n’est pas misérabiliste : le recours aux scènes comiques dédramatise le livre. Et surtout, les relations entre Jacques et ses parents sont plus complexes qu’il n’y parait de prime abord, car Jacques n’est pas un enfant écrasé, comme le sera plus tard, le héros de Vipère au poing de Bazin.

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