Chimériques – Jacques Chardonne

Jacques Chardonne nous raconte sa vision très personnelle de la fin de la Seconde Guerre Mondiale

L’unité du livre est due à la présence d’un narrateur qui mêle au récit réflexions, souvenirs et nouvelles, non point arbitrairement, mais suivant des règles subtiles qui s’apparentent à cette de la composition musicale. Chardonne est tour à tour conteur et moraliste. Dans les deux cas, la concision de son style est extrême. Le caractère si particulier de sa prose naît d’un paradoxe : ce style est essentiellement bondissant, car Chardonne supprime les transitions, et pourtant tout semble ici d’une seule coulée heureuse. Ce style aristocratique est d’une savante simplicité. Le charme de l’écriture ne rend cependant que plus vif le sourd malaise que provoque l’univers peint.

C’est un monde trompeur, aveugle, dur, cruel. L’auteur venait de subir d’assez lourdes épreuves et le souvenir ne pouvait en être effacé. Toutefois il ne s’agit pas d’un livre désespéré : on ne cesse d’y être également sensible à la lumière qui baigne les paysages et qui invite à l’apaisement des passions. L’auteur tenait cet ouvrage pour son meilleur livre.

Extrait

Trois de mes amis se sont tués, ces dernières années : Robert Massicot en 1940, Stefan Zweig en 1942, Drieu La Rochelle en 1944. Ils ont cru que le monde qu’ils voyaient poindre ne serait pas supportable. A mon tour, j’ai balancé, puis j’ai opté pour une voie souterraine.

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