Guerre (La) de Troie n’aura pas lieu – Jean Giraudoux

Hector, au retour d’une guerre victorieuse, est pressé de savourer la paix avec son épouse chérie, Andromaque. Mais il apprend que son jeune frère Parîs a enlevé une reine grecque, Hélène, et que tous les Grecs, furieux, ont pris la mer pour venir la réclamer. Hector, soutenu par son épouse par sa mer et par la plupart des femmes, va tout faire pour empêcher ce conflit malgré l’opposition farouche des partisans de la guerre : Priam, les vieillards, Demokos le poète, etc, fascinés par la beauté d’Hélène qu’elle parte d’elle-même, malgré ses dons de voyance qui lui font entrevoir la catastrophe.

Tandis que Demokos prépare des chants martiaux, Hector impose la fermeture des portes de la guerre. mais il doit faire face à l’entêtement de Demokos et à de dangereux imprévus. Dans un ultime face à face des chefs, Ulysse enseigne à Hector que la guerre entre leurs deux brillantes civilisations est inévitable, car elle est décidée par le Destin ; il accepte cependant de tenter l’impossible en partant pacifiquement avec Hélène. A la dernière minute, un incident décide de la guerre, et Hector, bien malgré lui, déclare que « la guerre de Troie aura lieu ».

Cette pièce en deux actes, d’un style brillant et spirituel, traite donc d’un sujet tragique sur un mode léger qui n’enlève rien à la profondeur des réflexions. La fatalité apparaît à différent niveaux. Symbolisée par l’indifférence de Jupiter, qui envoie Isis dire aux humains de régler leurs affaires entre eux, le Destin est également présent dans l’entêtement et l’aveuglement d’hommes comme Priam ou Demokos, qui veulent voir en Hélène une image de la beauté pour laquelle il vaut de combattre et de mourir. Représentée par les deux voyantes, Cassandre et Hélène, qui comparent leurs dons, la fatalité restera victorieuse du généreux Hector, capable pourtant d’encaisser un affront ou de tuer un Troyen pour sauvegarder la paix.

Giraudoux, tout imprégné qu’il ait été de l’Illiade d’Homère, n’a emprunté que peu de chose au texte antique qu’il traite avec une légèreté et une ironie qui lui seront reprochées.

Les avis sur Giraudoux ont été très variés. On lui a reproché d’être in pur littéraire, de ne pas avoir le sens du théâtre, de manquer de souffle, d’authenticité, de profondeur. L’auteur est prisonnier de son tour d’esprit, de ses tours de phrases, de son goût invétéré pour les divertissements.

Mais d’autres critiques reconnaissent le charme de son art et en font l’éloge, attribuant à Giraudoux le mérite d’avoir redécouvert la vraie tragédie, soit de lui avoir donné une nouvelle jeunesse.

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