René Barjavel – Bio

Barjavel René - Bio

Il est vrai que René Barjavel, qui s’inscrit dans la tradition de l’anticipation française à la suite de J.H. Rosny Ainé ou de Maurice Renard, a commencé à publier à une époque délicate. Ravage parait en 1943 : sa problématique rappelle fâcheusement certaines obsessions antimodernes et antiscientifiques des équipes aux commandes de l’Etat français du maréchal Pétain. On en voudra longtemps à René Barjavel, sans remarquer qu’il n’a fait que précéder avec talent la grande vague de science-fiction écologique et anti technologique des années 1970.


 » Les hommes ont libéré des forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution, écrit-il dans Ravage. Il ont cru s’en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le progrès, c’est un progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelques temps ces forces pour construire, puis, un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c’est-à-dire des être chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d’avoir été aussi rapide que le progrès de la science, ils tournent celle-ci vers la destruction. « 

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Dans Ravage, alors que le monde se prépare une nouvelle guerre mondiale, l’électricité disparaît aussi mystérieusement que subitement. La civilisation s’effondre. C’est la révolution. Un groupe de  » purs  » réussit à quitter Paris et fait route vers le Midi. Leur odyssée s’achève sur un  » retour à la terre  » … écologique où une humanité nouvelle se recycle au contact des arbres et des fleurs.

Toujours en 1943, René Barjavel fait paraître son second roman, Le Voyageur Imprudent, dans une revue : Je suis partout. Le volume sera publié en 1944. On y trouve le fameux paradoxe temporel :


Il a tué son ancêtre ?
Donc il n’existe pas.
Donc il n’a pas tué son ancêtre.
Donc il existe.
Donc il a tué son ancêtre.
Donc il n’existe pas…

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Le héros a inventé un scaphandre qui lui permet de voyager à travers le temps. Il va faire un tour dans le futur : l’humanité y est devenue si spécialisée qu’il y a les  » mangeurs  » d’un côté et les  » buveurs  » de l’autre. Il plonge ensuite dans le passé, devant Toulon assiégé par le jeune Bonaparte. Une idée lui vient :  » Et si je tuai Bonaparte, que deviendrait l’histoire ?  » Seulement, un homme s’interpose et tombe à la place du futur empereur. C’était un ancêtre du héros, qui du coup, se met à ne pas exister…

Dans le  » Diable l’emporte  » (1948), René Barjavel raconte l’attente de la troisième et de la quatrième guerre mondiale. Une poignée d’hommes se construisent une arche pour échapper à la destruction et s’enterrent à un bon millier de mètre sous le Sacré-Cœur de Paris. Finalement, tout l’humanité sera détruite, sauf un couple, expédié vers les étoiles en fusée.

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La dédicace du  » Diable l’emporte  » confirme le pessimisme de l’auteur :  » A notre grand-père, à notre petit-fils : l’Homme des cavernes  » !

D’autres œuvre, tout aussi bonnes, encore que moins novatrices, suivront : dans le  » Journal d’un homme simple  » (1951), on trouve un plaidoyer pour les villes souterraines, seules capables de sauver l’humanité de l’holocauste nucléaire. Cette idée sera reprise en 1968 dans  » La Nuit des Temps « , la dernière grande œuvre de René Barjavel, qui rappelle un peu
 » La Sphère d’or  » d’Earl Cox : une expédition scientifique retrouve, dans des couches de glace vieille de 900 000 ans, une sphère d’or qui contient des appareils scientifiques et le corps de deux humains, un homme et une femme, dans une sorte d’état d’hibernation. Le monde se déchirera pour profiter des connaissances de cette civilisation inconnue…


Journaliste, critique littéraire, essayiste, René Barjavel a presque complètement  » lâché » la science-fiction au profit des scénarios et des dialogues pour le cinéma. On lui doit en particulier les dialogues du Petit Monde de Don Camillo. Déception face à l’ostracisme dans lequel il a été tenu par la critique officielle ?

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En attendant, c’est le public qui l’a toujours soutenu, qui est déçu de ne plus se laisser entraîner par lui vers des lendemains qui déchantent.
Il nous a quitté un 24 novembre 1985 à Paris.

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