Sur la route – Jack Kerouac

D’origine canadienne française, l’écrivain américain Jack Kerouac a laissé avec « Sur la route » l’une des œuvres les plus importantes de la littérature d’après-guerre aux Etats-Unis. Livre manifeste ou bible des beatniks, Sur la route est contenu tout entier dans son titre. C’est le livre d’un voyage, d’une errance, d’une dérive, la route étant le refuge de ceux qui ne veulent pas croupir dans la routine. Chez Kerouac, l’Amérique se traverse en auto-stop, dans des voitures déglinguées. Le héros, Dean Moriarty, ressemble au James Dean de La Fureur de vivre, qui fait de la vitesse dans une voiture volée et voyage dans les étourdissements de l’alcool et de la marijuana.

C’est dans les années cinquante, dans l’Amérique du maccarthysme, qu’apparurent les beatniks, une génération de jeune en révolte contre la société de consommation et dont les idées allaient passer les frontières des Etats-Unis et nourrir la contestation des années soixante en Europe. La Beat generation se considérait comme une génération « foutue », et les beatniks étaient des vaincus, meurtris et anéantis par une société broyeuse d’individu. Mais le « beat » c’est aussi le battement du tambour, le battement des percussions des orchestres de jazz, « hot » ou « cool ». Dans leur vie d’errance, les beatniks n’avaient qu’un port d’attache : la musique, qui était partout, y compris dans la littérature.

Ainsi Sur la route fut aussi composé pour être dit : Kerouac le lut à haute voix dan les boites de Greenwich Village. Poètes, romanciers, dramaturges, ils prônaient une approche spirituelle, l’imagination, le sensualisme et l’esprit visionnaire, contre le monde rationnel et scientifique, renvoyant dos à dos les idéologies de l’Est et de l’Ouest, qui chacune dépouillent les individus les individus de leur originalité.

Être « beat », c’est rejeter le passé et le futur, se rebeller contre l’autorité organisée, mépriser le « square ». Le « Square » est celui qui vit enfoncé dans son ornière, qui croit témoigner par sa vie en faveur de toutes les valeurs décentes – en un mot le bourgeois, le Salaud.

L’extraordinaire succès qui a porté ses livres au pinacle, avec tous les excès et les abus de la publicité à l’américaine, ne doit pas dissimuler le fait qu’il est un écrivain véritable, avec toute la surabondance, la verve, le manque de goût, l’imagination débridée, la précipitation, la précipitation du romancier autodidacte qui saisit à pleines mains toutes les occasions mises à sa portée par la notoriété. Il est archi-américain, de la lignée de Melville et de Henry Miller, dont il partage le verbalisme, la ferveur vaticinante et la hantise du péché.

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