Corbeaux (Les) – Henry Becque

Henry Becque - Les Corbeau - France

Vigneron, un industriel aux activités florissantes, mène une vie bourgeoise, simple et heureuse, entouré de sa femme, de ses trois filles et de son fils. Travailleur acharné et peu soucieux de sa santé, il meurt brusquement, laissant sa famille seule face à une succession et des affaires difficiles à gérer. Tandis que son fils doit partir faire son service militaire, la veuve et les orphelines, ignorantes des lois et du monde financier, sont bientôt harcelées par les  » corbeaux  » : Teissier d’abord, l’associé de Vigneron, Bourdon le notaire, l’architecte, les créanciers enfin. La famille est ruinée et doit se résoudre à vendre la fabrique et les terrains si durement acquis. Malgré l’acharnement de la mère, Marie, pressée par Tessier, le vieil avare, se sacrifie et se résout à l’épouser, sauvant ainsi sa famille de la misère.

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Henry Becque - Les Corbeau - France

Les Corbeaux est une pièce âpre qui dépeint sans concession les dures réalités d’une société bourgeoise gouvernée par l’argent et les affaires. Ces réalités paraissent d’autant plus cruelles qu’elles sont, d’une part, mises en relief par un style dépouillé, efficace, sans artifice, et parce qu’elles contrastent d’autre part, avec l’émotion et la sensibilité des personnages.

Comme si l’humiliation de la ruine et la tristesse de leur deuil n’étaient pas assez grandes, les orphelines doivent encore subir le mépris de leur entourage.
Blanche, qui était sur le point de se marier, est abandonnée par son fiancé parce qu’elle n’a plus de dot.
Judith, la musicienne, lorsqu’elle annonce à son professeur qu’elle veut vivre de son art, s’entend dire par celui-ci qu’elle n’a aucun talent.
Quant à Marie, elle sait qu’elle renonce à l’amour en acceptant Tessier pour époux. Becque, au risque de choquer le spectateur de son temps habitués à des fins plus optimistes, a su décrire avec justesse la rapacité des hommes de loi et d’argent.

Henry Becque - Les Corbeau - France

Retiré dans son appartement de la rue Matignon, Becque passa un an sur Les Corbeaux. Il a indiqué lui-même la méthode qu’il appliqua : il arpentait sa chambre, du matin au soir, se plaçait fréquemment devant une glace, cherchant jusqu’aux gestes de ses personnages « et j’attendais que le mot juste, la phrase exacte me vinssent aux lèvres ».

Un regard dur, impitoyable, anime une action et une langue dépouillées, délivrées de toute précaution oratoire, de tout dénouement conciliant, de toute moralisation fade. Les Corbeaux ont été pour la scène française un choc inattendu. Le spectacle de ces hommes d’affaires acharnés à la ruine de la famille d’un industriel est le premier équivalent théâtral de l’accusation sociale qui domine le roman naturaliste. Plus de tirades : des formules. Et la pièce finit mal, sur le : « Depuis la mort de votre père, vous êtes entourés de canailles. »

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